À l’intérieur du poste de police d’Abercrombie. Des manifestants ont pris d’assaut le poste de police de Résidence Barkly.
- Trois policiers blessés
- Le CP Sooroojbally : « Pe met dife, sa nu pa kav tolere »
Quatorze suspects ont été arrêtés le mardi 13 octobre à la suite des dérapages survenus à travers l’île dans la soirée de lundi. Dans la région de Port-Louis, quatre personnes ont été arrêtées lors des interventions des forces de l’ordre autour du poste de police d’Abercrombie. Elles ont été présentées devant la justice mardi en vue de leur inculpation provisoire pour « Taking part in a Riot », avant d’être reconduites en cellule.
D’autres suspects sont activement recherchés dans plusieurs régions de l’île. Certains ont été identifiés grâce aux vidéos circulant sur les réseaux sociaux, ainsi qu’aux images des caméras CCTV et du système Safe City. Parmi les 14 suspects arrêtés, deux mineurs ont été relâchés sur parole après leur interpellation dans la nuit de lundi à mardi. Selon les Casernes centrales, trois policiers ont été blessés lors des interventions dans différentes régions. L’un d’eux a dû être admis à l’hôpital. Depuis lundi soir, les forces de l’ordre restent fortement mobilisées.
À Abercrombie, les forces de l’ordre ont déployé d’importants moyens après les violences survenues aux abords du poste de police. Des véhicules blindés, des équipes du Groupement d’intervention de la police mauricienne (GIPM), des éléments de la Special Support Unit (SSU) et d’autres unités ont été mobilisés. Les quatre principaux points d’accès au rond-point d’Abercrombie ont été placés sous stricte surveillance policière.
Des fauteurs de troubles, regroupés en plusieurs points autour du poste de police, ont multiplié les jets de projectiles et mis le feu à des matériaux sur la chaussée. Lorsque les forces de l’ordre sont intervenues, plusieurs d’entre eux se sont repliés, tandis que certains ont été interpellés. Des grenades lacrymogènes ont notamment été utilisées pour disperser les groupes.
« Nu pas kav laisse zot fer ceki zot kontan »
Lundi soir, le commissaire de police, Rampersad Sooroojbally, a lancé une sévère mise en garde aux fauteurs de troubles lors d’un point de situation devant le poste de police d’Abercrombie. « Si vous faites des choses extravagantes, vous allez en subir les conséquences », a-t-il déclaré aux médias. Il a également affirmé : « Pe met dife, sa nu pa kav tolere ». Le CP a insisté sur le fait que la police ne pouvait pas rester insensible : « Nu pakav laisse zot fer ceki zot kontan ». Selon lui, les forces de l’ordre resteront en état d’alerte et sur le terrain aussi longtemps que nécessaire pour rétablir la situation.
Dans la nuit de lundi à mardi, plusieurs postes de police, notamment ceux d’Abercrombie, de Barkly, de Bambous et de Petite-Rivière, ont été pris pour cible. Mardi, des dispositions ont été prises pour éviter que de tels débordements ne se reproduisent. Des véhicules blindés et plusieurs éléments de la Special Mobile Force (SMF) ont été déployés aux abords de différents postes de police, notamment à Bambous et à Camp-Levieux, afin de parer à toute éventualité.
Les attaques semblaient viser les postes de police, mais aussi des commerces qui ont été pillés. À Bambous, des fauteurs de troubles ont pris d’assaut le poste de police. Un groupe a réussi à pénétrer dans la cour et ses membres, armés de sabres, de morceaux de bois et de pierres, ont saccagé plusieurs véhicules de police.
Un policier affecté au poste d’Abercrombie a été blessé au genou gauche lundi soir après avoir été percuté par une voiture.
Un suspect s’évade de sa cellule au poste de Barkly
Des manifestants ont pris d’assaut le poste de police de Résidence Barkly lundi soir et lancé des cocktails Molotov à l’intérieur du bâtiment, contraignant les policiers à abandonner les lieux. Un détenu, arrêté pour une série de vols avec violence, en a profité pour s’évader et est activement recherché, tandis que le poste a ensuite été la cible de départs de feu.
Incidents à Sainte-Croix
Cinq hommes face à une inculpation provisoire de « taking part in a riot »
Arrêtés dans la nuit du 12 au 13 octobre 2026 à la suite des incidents survenus à Sainte-Croix, cinq hommes ont été inculpés à titre provisoire, ce mardi 13 octobre, sous une accusation de « taking part in a riot » devant le tribunal de Port-Louis. Il s’agit de J.R.A., plombier de 42 ans, D.L., laveur de voitures âgé de 19 ans, J.J.I.K.C., helper de 32 ans, ainsi que N.L.J. et L.M.D., tous deux âgés de 60 ans. Vers 12 h 45, les cinq hommes ont été traduits devant le tribunal sous forte escorte policière, notamment par des officiers de la brigade criminelle de Port-Louis (Nord). Certains n’ont même pas eu le temps de se chausser et se sont présentés pieds nus. Des proches se sont déplacés pour les rencontrer.
Lors de l’audience, présidée par le magistrat Nader Ali Caunhye, le Police Prosecutor, le sergent Thacoor, a informé la Cour que la police s’opposait à leur remise en liberté sous caution. Ils ont été reconduits en cellule policière et comparaîtront de nouveau devant le tribunal le 20 octobre 2026.
Chetan Baboolall, leader de l’opposition : «Il est important de retrouver la sérénité»
« On ne peut pas accepter la violence. Si des gens veulent manifester, il faut qu’ils le fassent pacifiquement. Je lance un appel au calme et au retour à l’ordre. Il ne faut pas oublier que beaucoup d’enfants sont en train de composer actuellement. On comprend la colère des gens, mais des informations circulent selon lesquelles certaines personnes agiraient dans l’ombre pour en inciter d’autres. Il est important de revenir à la sérénité, car un grand tort est causé à la population ».
Adrien Duval, député du PMSD : «Nous demandons au gouvernement de rappeler immédiatement le Parlement»
« Nous sommes choqués, avant tout, par les agissements du pyromane, le sergent Taukoor, qui a mis en péril la paix et le tissu social du pays. Nous réclamons les sanctions les plus sévères possibles à son encontre et nous ne sommes pas satisfaits des charges retenues contre lui. Nous sommes également choqués par les pyromanes qui veulent mettre le pays à feu et à sang. C’est pourquoi nous demandons au gouvernement de rappeler immédiatement le Parlement, afin que nous puissions prendre connaissance de la situation d’Élodie Thomas et adopter les mesures nécessaires pour rétablir le calme, l’ordre et la paix dans le pays ».
