Mamadou Bamba Ndiaye critique la politisation des commissions d’enquête parlementaires et la médiatisation de leurs auditions. Ancien président d’une commission, il défend cet outil de contrôle tout en appelant les députés à respecter son cadre.
Dans un entretien accordé à Vox Populi, il estime que ces commissions perdent en crédibilité lorsqu’elles servent des objectifs politiques, rapporte lactuacho. Il distingue l’ouverture des auditions au public de leur retransmission en direct sur les réseaux sociaux, qui risque, selon lui, de transformer un travail institutionnel en spectacle.
Pour l’ancien parlementaire, auditionner consiste à écouter les personnes concernées et à recueillir leurs versions, non à les accuser ou à chercher des aveux. Les éléments rassemblés doivent ensuite être examinés dans un rapport présenté en plénière. Les députés peuvent décider de le publier et d’y formuler des recommandations au gouvernement.
Son expérience remonte notamment à la commission créée après les révélations de Latif Coulibaly sur la vente de l’avion présidentiel sous Abdoulaye Wade. À l’époque, Latif Coulibaly avait refusé de comparaître. La commission avait évoqué la possibilité de solliciter la gendarmerie, avant de considérer qu’aucune disposition ne permettait de le faire venir de force.
Mamadou Bamba Ndiaye estime que la présence aux auditions devrait être la règle et qu’un refus devrait être justifié. Il rappelle que la commission avait recommandé de rendre la comparution obligatoire, sous peine de sanctions. Les dispositions proposées en ce sens ont été rejetées par le Conseil constitutionnel, qui les a jugées excessives dans certaines de leurs modalités.
Sur l’enquête portant sur les fonds politiques et spéciaux de certaines institutions, l’ancien parlementaire se montre sceptique. Il considère qu’un contrôle réel de ces ressources suppose une modification de la législation et redoute que les travaux ne servent surtout à alimenter des arguments politiques en vue des prochaines échéances électorales.
