Comment Daouda Ngom a-t-il expliqué le versement exceptionnel de 250 000 Fcfa à des étudiants ? Devant une commission d’enquête parlementaire, l’ancien ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation a été interrogé sur cette allocation, versée à des étudiants nouvellement orientés à l’Université Cheikh Hamidou Kane pour leur permettre d’acquérir un ordinateur.
Il a déclaré avoir demandé l’autorisation du ministre des Finances avant de transférer les fonds à la Direction générale des bourses, estimant ne pas avoir lui-même la prérogative de procéder à l’opération. Le choix de cette direction s’inscrit dans un dispositif qui concerne une grande partie des étudiants : Daouda Ngom avait indiqué que 77 % des étudiants bénéficient d’une bourse et que, sur les 195 000 inscrits dans le public en 2024, 153 000 en avaient effectivement reçu une.
Cette place centrale de la Direction générale des bourses donne aussi la mesure des enjeux liés à la gestion des paiements. Les désaccords sur les allocations ont régulièrement alimenté les tensions universitaires. Daouda Ngom a notamment soutenu qu’il n’y avait pas de retard dans le calendrier en cours, affirmant que les paiements de l’année 2025-2026 avaient commencé, tandis que des étudiants réclamaient encore les bourses de 2024-2025. C’est dans ce contexte sensible que l’ancien ministre justifie le recours à une structure disposant d’une base de données et chargée des versements.
Dans ses explications rapportées par Senenews, Daouda Ngom a chiffré l’opération à 4,766 milliards de Fcfa pour 19 064 étudiants, soit 250 000 Fcfa chacun. Il a soutenu que l’État avait ainsi économisé plus d’un milliard de Fcfa, alors que l’achat des ordinateurs aurait coûté 5,104 milliards.
L’ancien ministre a qualifié la mesure de temporaire et exceptionnelle, le temps de trouver des ordinateurs avant le début des cours. Il a indiqué que les étudiants concernés étaient au nombre de 20 000 et que le versement, intégré à leur trousseau, passait par la Direction générale des bourses.
Pour encadrer les achats, Daouda Ngom a expliqué avoir préparé avec l’Université Cheikh Hamidou Kane un guide précisant les caractéristiques attendues des ordinateurs, dont une garantie d’un an et un service après-vente. Il a contesté l’idée que les bénéficiaires auraient été laissés sans accompagnement.
Il a également défendu le programme « Un étudiant, un ordinateur », tout en critiquant ses modalités de déploiement. Selon lui, des achats d’ordinateurs ont été financés de 2017 à 2025 à hauteur de 6 milliards de Fcfa par an sur le budget national, en marge du code des marchés publics. Daouda Ngom a dit avoir saisi le Premier ministre et le président de la République au sujet du programme.
