SENEGAL-MONDE-CULTURE
Dakar, 23 oct (APS) –Le plasticien sénégalais Ousmane Dia a dénoncé, vendredi, les atteintes à la dignité humaine dans la bande de Gaza, à travers l’exposition ’’Il était une fois Gaza’’, ouverte au Monument de la Renaissance africaine, à Dakar, pour rendre hommage au peuple palestinien et aux artistes victimes du conflit.
’’Ce qui se passe à Gaza, c’est la dignité humaine même qui est bafouée. Et je me dis que nous, les artistes, sommes vraiment le dernier rempart contre toutes ces personnes qui sont prêtes à tout, uniquement pour conserver le pouvoir’’, a déclaré l’artiste lors de la cérémonie d’ouverture.
Ousmane Dia explique avoir conçu cette exposition en réaction aux violences commises à Gaza et à ce qu’il considère comme la ”minimisation de leur gravité par certaines puissances occidentales”.
’’On nous a toujours dit ‘plus jamais ça’. Ça s’est passé avec les Juifs, on l’a vécu au Rwanda, et aujourd’hui, sous nos yeux, ça se passe à Gaza’’, a-t-il soutenu, estimant qu’il était de la responsabilité des artistes de ’’dénoncer cette situation’’ et de ’’faire entendre la voix des populations affectées’’.
L’artiste, qui dit avoir vécu ’’des moments d’angoisse’’ face aux images de la guerre, présente cette exposition comme le fruit de son ’’expérience’’ et de sa ’’sensibilité humaniste’’.
Il entend, d’une part, dénoncer ce qu’il qualifie de ’’génocide à Gaza’’ et, d’autre part, ’’encourager le peuple palestinien à poursuivre sa résistance et à préserver ses droits’’.
Les œuvres exposées traduisent cette volonté de témoigner, notamment à travers des sculptures intégrant des chaises, un élément récurrent dans le travail de l’artiste depuis près de trente ans sur les rapports au pouvoir.
Parmi les créations présentées figure ’’Éventail palestinien’’, une œuvre qui symbolise, selon Ousmane Dia, ‘’la résilience d’un peuple qui continue de faire face aux tentatives d’effacement. Le mouvement de l’éventail, qui va et vient, évoque la persistance du peuple palestinien malgré les épreuves’’.
Une autre œuvre, intitulée ’’Assise palestinienne’’, représente la carte de la Palestine renversée. L’artiste y dénonce ‘’les tentatives de modification des territoires’’ et met en avant, à travers les couleurs et la composition, l’’’hospitalité palestinienne’’ dont il affirme avoir lui-même bénéficié lors d’un séjour dans la région.
Ousmane Dia a également consacré une œuvre aux journalistes tués à Gaza, pour leur rendre hommage et rappeler leur rôle dans la documentation des événements.
’’Grâce à vous, on a pu vivre un live, même si c’est vraiment déplorable ce qui se passe à Gaza’’, a-t-il dit à l’endroit des professionnels des médias, ajoutant que cette œuvre, jugée ’’trop violente’’ par certains, entend surtout rendre compte de la violence des actes dénoncés.
Le commissaire de l’exposition, Babacar Mbaye Diop, a présenté le projet comme un appel à la prise de conscience face aux souffrances quotidiennes du peuple palestinien et un hommage aux artistes de Palestine.
La préparation de l’exposition a duré près de deux ans, a-t-il indiqué, déplorant l’absence de partenaires financiers et le manque de réponses aux courriers adressés aux autorités sénégalaises.
Présent à Dakar pour l’occasion, l’ambassadeur de l’État de Palestine auprès du Mali et du Niger, Hassane Albalawi, a salué une initiative qui contribue, selon lui, à la ’’solidarité culturelle et artistique’’ avec le peuple palestinien.
Il a dénoncé ’’la destruction de centres culturels dans la bande de Gaza et les pertes subies par les artistes et les journalistes palestiniens’’, évoquant ’’une atteinte à la vie des populations, mais aussi à leur patrimoine et à leur expression culturelle’’.
Le diplomate a également annoncé travailler avec son collègue accrédité au Sénégal, Nasser Jadallah, et les organisateurs, en vue d’un éventuel transfert de l’exposition à Bamako, après sa présentation à Dakar.
Pour Hassane Albalawi, l’art constitue ’’un moyen essentiel de communication entre les peuples, favorisant la compréhension mutuelle, l’amitié et la solidarité’’.
MK/HK
