Certains ménages, déjà équipés, investissent dans un deuxième, voire un troisième réservoir.
Face aux coupures d’eau récurrentes, les Mauriciens se ruent sur les réservoirs d’eau pour mieux faire face aux pénuries. L’annonce de l’extension du Water Tank Grant Scheme aux ménages ne disposant pas de réservoir devrait accentuer cette demande.
La crise de l’eau que traverse actuellement Maurice entraîne une forte hausse de la demande pour les réservoirs d’eau. Face aux interruptions répétées de l’approvisionnement, de nombreux ménages cherchent à augmenter leurs capacités de stockage. Certains, déjà équipés, investissent dans un deuxième, voire un troisième réservoir, afin de disposer de réserves suffisantes lors des coupures prolongées.
Chez Wellmet Co Ltd, spécialisée dans la vente de réservoirs d’eau, atteint des niveaux inédits. « Normalement, nous ne livrons pas plus de trois réservoirs d’eau par jour à travers l’île. Mais depuis une semaine, nous en vendons au minimum 15 par jour », indique Shiam Narsimulu, directeur de l’entreprise. Les ventes quotidiennes ont ainsi été multipliées par cinq. Cette tendance devrait se poursuivre dans les prochains jours, estime-t-il, notamment après l’annonce du gouvernement concernant la distribution gratuite de deux réservoirs aux ménages éligibles qui n’en disposent pas déjà.
Toutefois, les principaux clients de Wellmet Co Ltd sont actuellement des ménages qui ne bénéficient pas de cette mesure. « Beaucoup d’entre eux ont déjà un réservoir, mais préfèrent acheter un deuxième, voire un troisième réservoir supplémentaire face à la pénurie d’eau », explique Shiam Narsimulu.
Chez Resiglas, l’entreprise observe également que les coupures poussent les ménages déjà équipés à réévaluer leurs besoins. Les réservoirs de 1 000 à 2 000 litres sont particulièrement recherchés pour répondre aux besoins quotidiens des familles, selon la taille du foyer et les habitudes de consommation. « Cette situation rappelle que le stockage de l’eau ne doit plus être considéré uniquement comme une réponse ponctuelle aux coupures, mais comme une mesure de précaution à intégrer durablement dans les foyers mauriciens », souligne Rishi Ramsahye, Sales Manager de Resiglas.
Une tendance confirmée dans les quincailleries. Chez Bric Hardware Ltd, la demande connaît également une progression importante. Son directeur, Dean Chan, constate une nette augmentation des ventes depuis le début de la sécheresse. « Normalement, nous recevons une demande de trois à quatre réservoirs d’eau par semaine. Mais depuis la période de sécheresse, nous en vendons une vingtaine par semaine », indique-t-il. La demande est particulièrement marquée dans la région des Plaines-Wilhems et dans l’Ouest. Chez Wellmet Co Ltd, spécialisée dans la vente de réservoirs d’eau, la demande atteint des niveaux inédits. « La plupart des clients ont déjà un réservoir d’eau chez eux. Mais, par mesure de précaution et face à la gravité de la situation, ils optent pour un deuxième réservoir », souligne Dean Chan. La capacité de 1 000 litres est actuellement la plus vendue chez Bric Hardware Ltd.
Face à cette demande accrue, les entreprises prennent des dispositions pour éviter les ruptures d’approvisionnement. Chez Resiglas, les stocks de matières premières et les capacités de production sont régulièrement adaptés aux besoins du marché. « Nous veillons également à disposer d’une main-d’œuvre qualifiée et suffisante pour assurer la continuité de nos opérations », affirme Rishi Ramsahye. De son côté, Wellmet Co Ltd affirme être suffisamment approvisionnée pour répondre à la demande actuelle.
« Nous avons déjà pris toutes les dispositions avec nos fournisseurs pour qu’il n’y ait pas de pénurie », assure Shiam Narsimulu.
Eau embouteillée : la demande s’intensifie, les stocks s’épuisent
Face aux sévères coupures d’eau qui touchent plusieurs régions du pays, les Mauriciens se tournent davantage vers l’eau embouteillée pour leur consommation quotidienne. Cette hausse de la demande commence à se faire sentir dans certains points de vente, où les stocks s’épuisent rapidement. Durant le week-end, un commerce situé à Curepipe s’est ainsi retrouvé avec des étagères entièrement vides de bouteilles d’eau.
Dans d’autres grandes surfaces, les responsables indiquent qu’il n’y a pas encore de pénurie, mais reconnaissent que les stocks diminuent rapidement face à la demande. Selon eux, si les fournisseurs n’augmentent pas les volumes livrés aux points de vente pour répondre à cette consommation accrue, le risque de ruptures de stock à plus grande échelle ne peut être exclu.
Réservoirs en plastique bleu, fûts métalliques, cuves IBC
Les options moins coûteuses gagnent en popularité
Face au coût élevé des réservoirs d’eau traditionnels, qui peuvent atteindre plusieurs milliers de roupies, les solutions de stockage plus abordables séduisent de nombreux ménages. Les quincailleries observent notamment une demande soutenue pour les réservoirs en plastique bleu, les fûts métalliques et les cuves IBC, particulièrement prisées dans le secteur agricole.
« Ce n’est pas conseillé pour le stockage d’eau destinée à la consommation, mais de nombreux ménages en achètent pour conserver de l’eau utilisée pour les travaux domestiques, car c’est plus abordable », explique Dean Chan, en référence aux réservoirs bleus. Pour un modèle d’une capacité de 200 litres, il faut compter entre Rs 600 et Rs 800.
Les fûts métalliques constituent une autre option économique. D’une capacité similaire de 200 litres, ils sont proposés à environ Rs 300, ce qui les rend accessibles aux consommateurs disposant d’un budget limité. Par ailleurs, les cuves IBC (Intermediate Bulk Container) suscitent également un intérêt marqué, notamment auprès des agriculteurs. « Ce type de réservoir est utilisé pour le stockage de l’eau de pluie », précise Dean Chan. Pour une capacité de 1 000 litres, le prix avoisine Rs 2 500. Ces alternatives permettent ainsi aux ménages de disposer d’une réserve d’eau sans devoir consentir un investissement trop important.
