La dette publique du Sénégal atteignait 132 % du produit intérieur brut à la fin de 2024. Ousmane Sonko conteste le recours au Cadre commun du G20 pour la traiter et prévient qu’il pourrait s’opposer au budget 2027.
Ce mécanisme rassemble des créanciers publics et privés ainsi que des pays endettés. Créé en 2020 par les pays les plus riches, il vise à aider les États en difficulté à annuler une partie de leur dette, sous certaines conditions. Le gouvernement sénégalais prévoit d’y mettre en œuvre son Plan de traitement de la dette, parallèlement à un accord de financement conclu avec le Fonds monétaire international (FMI).
Dans un article publié par Ouragan, Sonko estime que le Sénégal n’avait pas besoin de passer par le G20 pour une opération de reprofilage, c’est-à-dire un réaménagement des modalités de remboursement de la dette. Il affirme que des conditionnalités ont été imposées au pays et qu’elles se reflètent dans les prévisions budgétaires pour 2027 soumises à l’Assemblée nationale.
Le président de l’Assemblée nationale critique notamment la diminution annoncée des crédits consacrés aux politiques sociales et à l’investissement. Il cite l’éducation, l’emploi, la formation, ainsi que les subventions sur les prix de l’électricité et des produits pétroliers.
Sonko qualifie le projet de budget de mesures d’économies destinées au paiement de dettes cachées aux Sénégalais et accuse de nouveau le FMI d’avoir été complice de cette dette dissimulée. Il affirme que Sonko menace de rejeter le budget si celui-ci est maintenu en l’état, tout en disant rester ouvert au dialogue. L’examen du projet par les députés est attendu prochainement.
Début septembre, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô avait exclu tout ajustement qu’il qualifiait de « sauvage » et toute mesure affectant négativement les secteurs sociaux. Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô a remplacé Ousmane Sonko à la Primature en mai.
