À la première édition de la Gracs, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Makhtar Cissé, a mis en garde contre les discours visant les étrangers au Sénégal. La rencontre était consacrée aux médias et à la cohésion nationale.
Le ministre a défendu une presse libre et indépendante, tout en soulignant sa responsabilité dans la stabilité sociale. Il a estimé que décider de ce qu’il faut publier relève du jugement, et non de la censure ou de l’autocensure. Cette intervention a été rapportée par Senenews.
Les discours de haine envers les étrangers peuvent, selon lui, désigner à tort une communauté ou une nationalité comme responsable de difficultés aux causes multiples. Il a aussi averti qu’une telle stigmatisation pouvait conduire rapidement à une ethnicisation du débat public.
Cette inquiétude rejoint l’interpellation de Boubacar Sèye, président-fondateur d’Horizon Sans Frontières, qui appelle le chef de l’État Bassirou Diomaye Faye à prendre position contre la banalisation des propos visant les étrangers. En demandant un pacte national contre la xénophobie, il met en jeu la cohésion sociale et la Téranga, et plaide pour une politique migratoire ferme mais respectueuse de la dignité humaine.
Mouhamadou Makhtar Cissé a rappelé que le Cored avait publié, le 6 juillet, un avertissement contre la médiatisation de propos stigmatisant les étrangers vivant au Sénégal. Il a également souligné que plus de deux millions de Sénégalais vivent à l’extérieur et pourraient être exposés aux effets de la haine dirigée contre les étrangers dans leur pays.
Pour illustrer le rôle des médias dans la cohésion nationale, le ministre a évoqué le soir du 19 mars 2000, lorsque des milliers de citoyens suivaient à la radio les résultats de l’élection.
