Le pays était sous le coup d’un couvre-feu pendant six jours.
À ce jour, 47 personnes sont formellement poursuivies devant la cour intermédiaire. Sept attendent leur verdict le 26 octobre 2026 pour complot dans le but de commettre des vols. C’est le deuxième verdict, après celui prononcé le 15 octobre devant le tribunal de Moka pour vagabondage, avec des peines allant d’une semaine à un mois de prison. Le troisième verdict est prévu le 27 octobre 2026. Il concerne neuf personnes poursuivies pour non-respect du couvre-feu. Par ailleurs, parmi ces 47 personnes, 40 font chacune face à une accusation de non-respect du couvre-feu. Trois d’entre elles font aussi face à une accusation de possession d’armes.
Incidents à Bel-Étang et Camp-de-Masque : Sept personnes reconnues coupables de complot
Accusés d’avoir ourdi des complots en vue de commettre des vols à Flacq, sept individus ont été jugés coupables vendredi. Ils avaient été arrêtés le 13 octobre, alors que le pays était sous le coup d’un couvre-feu. La magistrate Adeelah Hamuth rendre son verdict le lundi 26 octobre.
Les sept personnes sont Alvaro Alexsan Hoffted (22 ans), Alfaro Lexsan Hoffted (23 ans), Louis Leonardo Robertson Romain (24 ans), Louis Roan Fabio Gabriel Romain (20 ans), Louis Guillaume Andriano Greygory Romain (21 ans), Emmanuel Istopher Wens Legrand (18 ans) et Dwayne Alexandre Messy Lavictoire (18 ans). Ils sont domiciliés à Bel-Étang, Mont-Ida et Camp-de-Masque.
Pour sa part, Alvaro Alexsan Hoffted fait aussi l’objet d’une accusation de « damaging public property ». Il aurait saccagé un véhicule de la police à Bel-Étang, le 13 octobre 2026.
Vol des Téléphones
Une autre accusation porte sur un complot présumé visant à voler des téléphones portables à Flacq. Les faits avaient été perpétrés le 13 octobre 2026 à Camp-de-Masque. Ils étaient aussi accusés d’avoir comploté en vue de voler un véhicule de la Central Water Authority (CWA), le 13 octobre, à Bel-Étang. Enfin, une accusation concerne un complot pour incendier des pneus dans le but d’obstruer la route à Centre-de-Flacq. Le délit avait eu lieu le 13 octobre 2026 à Camp-de-Masque.
Dans ses plaidoiries, Me Kevin Moorghen, Principal State Counsel, a requis la prison pour les accusés. Cela malgré leur jeune âge et qu’ils détiennent tous des casiers judiciaires vierges. L’avocat de la poursuite a plaidé que la Cour doit prendre en considération ce que le pays a vécu pendant ces derniers jours et que le couvre-feu était une mesure drastique afin de pouvoir contrôler cette situation chaotique.
Selon l’avocat, si ces accusés avaient mis à exécution leur complot, cela aurait causé de sérieux dégâts.
D’autant plus que certains d’entre eux portaient des cagoules et étaient armés de battes de baseball. Pour Me Kevin Moorghen, le fait qu’ils aient plaidé coupable ne les exempte pas de faire face à une peine appropriée.
D’autre part, quatre témoins ont déposé au cours du procès vendredi. Les dépositions des sept accusés ont été produites en Cour. Ils y ont reconnu leurs torts. Ils ont relaté aux enquêteurs de la brigade criminelle de Brisée-Verdière les circonstances dans lesquelles ils s’étaient retrouvés en groupe et avaient ourdi des complots pour commettre des vols à Flacq et mettre le feu à des pneus afin d’obstruer la route. Ils ont soutenu avoir vu des « posts » sur les réseaux indiquant qu’il y avait le feu à Camp-de-Masque. Toutefois, ils ont évoqué qu’ils n’avaient nullement l’intention de « fer dezord ».
Par ailleurs, le sergent Maudhoo de la brigade criminelle de Brisée-Verdière a confirmé qu’il y avait des troubles dans ces régions le 13 octobre. Un rapport de l’examen du véhicule saccagé lors de ces incidents a également été produit lors du procès. La valeur des dégâts est estimée à Rs 100 000.
Pas d’avocat
À l’appel de l’affaire, les sept accusés ont indiqué vouloir bénéficier d’un avocat commis d’office. Ils ont toutefois changé d’avis et fait savoir qu’ils assureraient eux-mêmes leur défense, craignant que l’avocat ne les défende pas comme il se doit.
À mi-séance, Me Pravesh Nuckcheddy s’est présenté comme l’avocat de Dwayne Alexandre Messy Lavictoire, précisant que les parents du jeune homme avaient retenu ses services. Interrogé à ce sujet par la magistrate Adeelah Hamuth, Dwayne Alexandre Messy Lavictoire a toutefois maintenu, à deux reprises, qu’il ne souhaitait pas être représenté par un avocat, au grand désarroi de ses proches.
Pardon, excuses, mauvaise décision et indulgence
Les excuses ne cessent de pleuvoir au banc des accusés, dans lequel les sept personnes ont exprimé leurs regrets. Certaines ont admis avoir mal agi. Elles ont ainsi demandé pardon et sollicité l’indulgence du tribunal.
Alvaro Alexsan Hoffted, timide et la voix brisée, a déclaré : « Mo demann la Cour excuse pour sa ki monn fer. Dan sa moman-la, mo frère ti gagn bate ek, kouma ou koné, CID abitie bat dimoune. Se pou sa ki mo’nn azir koumsa ». Il a aussi ajouté qu’il travaille pour subvenir aux besoins de sa famille.
Quant à son frère, Alfaro Lexsan Hoffted, il a également présenté ses excuses au tribunal. Il a admis qu’il a fait « enn erreur ». « Mo pa pou refer sa errer la. Mo konpran monn mal azir. » Il a aussi dit que son frère et lui travaillent pour subvenir aux besoins de leur famille.
De son côté, Louis Leonardo Robertson Romain a présenté ses excuses au tribunal. « Si monn al kont lalwa, pardonn mwa pou seki monn fer. Mo ena enn zanfan enn an ek demi ».
Louis Roan Fabio Gabriel Romain a, lui aussi, admis qu’il a pris « enn move desizion ». « Mo regret desizion ki monn pran. Monn gayn enn leson. Mo pa pou refer sa ankor. »
D’autre part, Louis Guillaume Andriano Greygory Romain a présenté ses excuses au tribunal. Il a dit qu’il regrettait d’avoir « pran enn tel desizion. Monn gayn enn leson kan lapolis inn aret mwa. Mo pa pou refer sa. Monn pran enn move desizion. »
Emmanuel Istopher Wens Legrand, quant à lui, a déclaré qu’il a pris une décision « ki pa ti bon ». Il a ajouté : « Mo regret énormément. Mo espere ki la Cour kapav pardonn mwa. Mo bizin donn mo maman enn koudme. Mo pa pou refer sa erer-la. » Il a également présenté ses excuses au tribunal. Il a aussi demandé à l’instance : « pardonn mwa pou seki monn fer. »
Le dernier à prendre la parole est Dwayne Alexandre Messy Lavictoire. Il a présenté lui aussi ses excuses.
« Kan mo ti sorti, mo ti kapav met mo lekor an danze. Kan zot inn aret mwa, monn koopere avek lapolis.
Monn res an plas. Mo regret desizion ki monn pran sa ler-la. Mo pa pou repran enn desizion koumsa ankor.
Mo espere ki la Cour pardonn mwa », a-t-il avancé.
Non-respect du couvre-feu
Le policier Ashley Duval réclame la libération sous caution
Le constable Ashley Lindsay Duval, 38 ans, et Jean Alexandre Johanny Natchoo, 25 ans, ont été maintenus en détention, le vendredi 23 octobre 2026, à l’issue de leur comparution devant la cour intermédiaire. Les deux hommes répondent chacun d’une accusation de non-respect du couvre-feu. Le policier, quant à lui, répond aussi d’une accusation de possession d’armes.
Lors de l’audience devant la magistrate Adeelah Hamuth, le représentant de la poursuite, Me Kevin Moorghen, Principal State Counsel, a déposé une interdiction de quitter le pays contre les deux prévenus. Me Neeven Moonesamy, qui représente Ashley Lindsay Duval, a demandé la communication du dossier de la poursuite. Il a également sollicité un délai avant que les deux prévenus ne soient appelés à plaider.
L’avocat du policier a, d’autre part, demandé leur libération sous caution. Me Kevin Moorghen a indiqué qu’il communiquerait à la défense les motifs d’objection à cette demande.
La magistrate Adeelah Hamuth a renvoyé l’affaire au 28 octobre. Les deux prévenus restent en détention jusque-là.
Ashley Lindsay Duval, de L’Escalier, est accusé d’avoir enfreint le couvre-feu le 13 octobre 2026, vers 23 heures, à La Gaulette. Il lui est également reproché d’avoir été en possession de trois sabres et d’une batte de baseball.
Quant à Jean Alexandre Johanny Natchoo, un habitant de Trois-Boutiques, il est poursuivi pour avoir enfreint le couvre-feu le 13 octobre 2026, à La Gaulette.
Un cinquième procès formel contre 12 personnes
Le Directeur des poursuites publiques a déposé, vendredi, un procès formel contre 12 personnes devant la Cour intermédiaire pour non-respect du couvre-feu. Deux femmes figurent parmi les prévenus. Les délits auraient été commis entre le 13 et le 17 octobre 2026 dans plusieurs localités, notamment à Bambous, Port-Louis, Pointe-aux-Sables, Rose-Hill et Tamarin.
Durant cette période, le pays était soumis à un couvre-feu de 20 h 30 à 6 heures du matin le 14 octobre, puis de 20 h 30 à 5 heures du matin les 15 et 16 octobre, et de 22 heures à 4 h 30 du matin les 17 et 18 octobre. Le procès sera appelé le 28 octobre. Une liste de 22 témoins a été établie dans cette affaire.
Les 12 personnes sont :
Louis Abraham Casimir, un vigile de 18 ans, domicilié à Riambel, arrêté le 13 octobre 2026 à 22 h 30 à Port-Louis, près du collège Royal de Port-Louis.
Samuel Touvent, un peintre de 24 ans, demeurant à Chebel, intercepté le 13 octobre 2026 à 22 h 15 à Pointe-aux-Sables.
Anil Kapoor Beekharry, un vigile de 31 ans, résidant à Bambous, appréhendé le 13 octobre 2026 à 23 h 55 à Bambous.
Jean Stephane Jordan Batour, un helper de 28 ans, domicilié à Cascavelle, arrêté le 14 octobre 2026 à 22 h 25 à Bambous.
Mary Joyce Stephane Charlot, âgée de 35 ans, demeurant à Pailles, interceptée le 15 octobre 2026 à 1 h 40 à Rose-Hill.
Mohammad Zahir Seck-Dioman, un mécanicien de 34 ans, résidant à Pailles, arrêté le 15 octobre 2026 à 2 h 22 à Rose-Hill.
Jean Cle Lafontan, un cleaner de 27 ans, domicilié à Bambous, appréhendé le 15 octobre 2026 à 21 h 40 à Tamarin.
Louis Azekel Minerve, un helper de 19 ans, demeurant au Morne, intercepté le 15 octobre 2026 à 21 h 40 à Tamarin.
Christ Luca Nelly Denis, un Maintenance Officer de 23 ans, résidant à Rose-Hill, arrêté le 15 octobre 2026 à 22 h 10 à Rose-Hill.
Jean Sebastien Adel Falzarah, un électricien de 28 ans, demeurant à Floréal, appréhendé le 16 octobre 2026 à 23 h 45 à Rose-Hill.
Roshan Mayeputh, âgé de 48 ans, sans emploi et résidant à Stanley, arrêté le 17 octobre 2026 à 23 h 05 à Stanley, Rose-Hill.
Sonia Pamela Soopraya Patten, une cuisinière de 47 ans, domiciliée à Rose-Hill, appréhendée le 17 octobre 2026 à 23 h 05 à Camp-Le-Vieux, Rose-Hill..
Huit personnes poursuivies, dont deux pour possession d’armes offensives
Un sixième procès formel a été déposé devant la Cour intermédiaire. Huit personnes sont poursuivies pour non-respect du couvre-feu. Deux d’entre elles répondent également d’accusations de possession d’armes offensives.
Le couvre-feu était en vigueur de 20 h 30 à 6 heures le lendemain matin, le 13 octobre, puis de 20 h 30 à 5 heures les 14 et 15 octobre. Les 16 et 17 octobre, il s’appliquait de 22 heures à 4 h 30 le lendemain matin.
Berty Axel Hansley Boncoeur, 29 ans, technicien en climatisation, est accusé d’avoir enfreint le couvre-feu le 13 octobre 2026, à 21 heures, à La Caverne, Vacoas. Il aurait également été trouvé en possession d’un sabre.
Girish Jowaheer, 29 ans, électricien domicilié à Saint-Pierre, fait face à deux accusations. Il avait été interpellé le 14 octobre, à 21 h 10, à l’avenue Michael Leal, Pailles, en compagnie de quatre autres personnes.
Selon l’acte d’accusation, il était en possession de deux cutters, de deux poignards, d’un sabre, d’un tuyau métallique et d’une barre en plastique rigide.
Les quatre autres prévenus concernés par cet incident sont Reeyash Goolab, 28 ans, serveur, Thierry Villierce Louise, 33 ans, maçon, Jean Billy Hansley Fabrice Noël, 31 ans, soudeur, et Jean Warren Denn Dax, 30 ans, maçon. Ils sont poursuivis pour non-respect du couvre-feu.
Deux autres prévenus font l’objet d’accusations distinctes. Fazal Aseeradhy, 50 ans, ferrailleur, aurait enfreint le couvre-feu le 14 octobre, à 21 heures, à Paillotte, Vacoas.
Mohammad Ibrahim Nubeebokus, 41 ans, domicilié à Rose-Belle, est accusé d’avoir circulé à Glen Park, Vacoas, le 17 octobre 2026, à 4 heures du matin, malgré le couvre-feu en vigueur. La date du procès sera fixée prochainement.
