L’Exécutif et le Législatif sont dans le temps du compromis après celui de l’opposition nécessaire d’idées pour clarifier les positions. Le Sénégal doit à présent sécuriser le programme avec le Fonds Monétaire International sur la base d’une consolidation budgétaire crédible et d’une stratégie sénégalaise de gestion de la dette en ligne avec un consensus sur sa viabilité.
Un compromis entre l’Exécutif, le Législatif, et le FMI pourrait reposer sur quatre orientations :
1) Une LFR 2026 plus sincère. Les investissements publics prévus atteignent 2 249 milliards de FCFA, contre 1 472 milliards réalisés en 2025, soit une hausse de plus de 50%. Une programmation fondée sur l’exécution effective devrait permettre de financer les subventions à l’énergie plus élevées que prévues. Comme je l’ai indiqué auparavant, les dépenses PRES ne devaient être engagées qu’au deuxième semestre en fonction du niveau de mobilisation des recettes correspondantes. Ces recettes doivent d’abord servir en 2026 à financer la décision de subventionner les produits énergétiques afin de contenir le déficit de 2026 au niveau prévu. Le législatif ne devrait pas considérer les investissements sur PRES intouchables.
2) Une LFI 2027 cohérente avec une LFR 2026 sincère. La fiscalité énergétique peut effectivement être allégée et nous l’avions discuté au gouvernement. La réduction simultanée des taxes pétrolières et des subventions énergétiques permettrait de préserver le pouvoir d’achat et la compétitivité, tout en maîtrisant leur impact budgétaire. Notre benchmark pourrait être la Côte d’Ivoire qui taxe moins les produits pétroliers et a une pression fiscale plus faible de façon générale. Elle a un niveau d’investissement public plus faible, mais une croissance beaucoup plus forte d’environ 6%.
3) Un déficit ramené à 3 % du PIB en 2027 comme il était prévu. Le rebasage du PIB facilite cet objectif à condition de maîtriser les investissements publics et les dépenses en biens et services. Après avoir payé des intérêts plus élevés que la Côte d’Ivoire, et attiré les investisseurs, le Sénégal a plus de ressources disponibles en pourcentage du PIB que la Côte d’Ivoire avec laquelle il partage les fondamentaux du Souverain Virtuel qu’est l’UEMOA. Le refinancement de la dette du Sénégal dans le marché régional y compris en y invitant des non-résidents avec ou sans TRS est la voie, le stock de dettes concessionnelles subventionnant le coût de la transition.
4) Une transformation du modèle économique. Le Sénégal a utilisé sa capacité à payer des intérêts pour emprunter et construire des infrastructures, en espérant que la croissance suivrait. Les infrastructures sont là, mais la transformation productive attendue n’a pas suffisamment suivi. Remplacer la dette par davantage de fiscalité pour continuer à investir différemment comme le souhaite Ousmane Sonko peut avoir un impact mais ne changerait pas fondamentalement ce modèle, d’où la nécessité d’une grande sélectivité. Il y a eu une corrélation négative entre la pression fiscale et la croissance hors hydrocarbures et agriculture. L’enjeu de fond est de passer à une transformation systémique fondée sur la compétitivité, la productivité et l’investissement privé. La DPG de 2024 d’Ousmane Sonko avait fait la synthèse comme je l’avais expliqué dans ma contribution « Le Cap et la Méthode, La Transformation Systémique
