Tahiti, le 22 octobre 2026 - Sa performance au cross du lycée de Papara n’est pas passée inaperçue. Kirei Temanihi, 15 ans, souffre d’une malformation à la jambe droite. Un handicap que le jeune homme surmonte notamment grâce au sport, en courant mais aussi à travers sa passion pour la boxe.
Kirei Temanihi n’a peut-être pas gagné le cross, il y a deux semaines, mais la vague d’émotions positives que sa performance a suscitée sur le terrain comme sur les réseaux sociaux vaut toutes les médailles. Scolarisé en classe de seconde au lycée Tuianu-Le Gayic de Papara, le jeune homme de 15 ans est né avec une jambe plus courte que l’autre. Le début d’un parcours du combattant, comme souvent en matière de handicap.
Kirei Temanihi n’a peut-être pas gagné le cross, il y a deux semaines, mais la vague d’émotions positives que sa performance a suscitée sur le terrain comme sur les réseaux sociaux vaut toutes les médailles. Scolarisé en classe de seconde au lycée Tuianu-Le Gayic de Papara, le jeune homme de 15 ans est né avec une jambe plus courte que l’autre. Le début d’un parcours du combattant, comme souvent en matière de handicap.
Une prothèse adaptée
Il a commencé son suivi au Fenua, où les médecins orthopédistes ont rapidement évoqué une intervention chirurgicale. Des avis complétés au fil du temps par ceux d’autres spécialistes en Nouvelle-Zélande et dans l’Hexagone. Mais faute de pouvoir gagner suffisamment de centimètres, il a préféré conserver sa jambe droite et son pied en l’état et miser sur des prothèses réellement adaptées à son corps et à son quotidien pour être enfin libre de ses mouvements. “À un moment donné, Kirei était en fauteuil roulant. Ses premières prothèses fabriquées ici lui faisaient mal. Il ne pouvait pas marcher longtemps. Tout ce qu’il voulait, c’était d’être comme tous les enfants : pouvoir jouer, courir et s’épanouir”, confie sa mère, Vaihere Bennett, déterminée à aller de l’avant pour le bien-être de son fils, sans oublier sa grande-sœur.
La solution a finalement été trouvée auprès de l’équipe médicale spécialisée de l’unité parasport-santé de l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches, près de Paris : “Grâce à une série de mesures et d’exercices, ils ont pu lui proposer un appareillage adapté en mars 2024. C’était magique de voir mon fils remarcher sans souffrir. Je l’ai vu prendre confiance en lui ! Dans un second temps, il a bénéficié du don d’une lame de course grâce à une association. Ça l’a transformé : aujourd’hui, il est beaucoup plus épanoui”.
Le plein de bonnes ondes
“J’ai pu commencer à faire plus de choses”, confirme Kirei. Comme être sur la ligne de départ de son premier cross en 3e, et continuer sur cette belle lancée cette année avec un parcours de 2 027 mètres en référence aux Jeux du Pacifique, l’an prochain. “Ça s’est bien passé ! J’ai couru en solo, mais avec d’autres élèves de ma classe. Tout le monde m’a applaudi : j’étais surpris et ça m’a beaucoup touché”, exprime-t-il, décidément bien entouré. Quant aux centaines de cœurs, partages et commentaires d’encouragement en ligne, Kirei reconnaît que c’est “une première” et que toutes ces bonnes ondes font “chaud au cœur”.
Un élan positif tout aussi enthousiasmant pour son professeur d’EPS, Ariiteaveura Chee Ayee, qui le connaît depuis son passage au collège Tinomana-Ebb de Teva i Uta. Course à pied, ‘ori Tahiti, volley-ball ou encore va’a, la détermination de Kirei force l’admiration. “L’inclusion se fait naturellement. Kirei est volontaire sur les pratiques physiques et il se donne les moyens d’y arriver. Il a d’ailleurs pu participer au cross, comme ses camarades. Nous avons plusieurs élèves porteurs de handicap dans le lycée, qui sont bien intégrés grâce à la communauté éducative et à la bienveillance des élèves”, remarque l’enseignant.
“À l’aise sur le ring”
En dehors du cursus scolaire, Kirei, qui réside entre Papeari et Punaauia, nourrit une passion pour la boxe. Une discipline à laquelle il a été initié dans sa petite enfance par son grand-père, mais qu’il pratique désormais quotidiennement. “Tout a commencé lors d’une évasan en France. J’ai fait la rencontre d’autres jeunes Polynésiens évasanés, dont un ami qui faisait de la boxe et sa famille qui nous ont soutenus. Je les ai suivis dans une salle où j’ai pu rencontrer un champion de France et j’y ai pris goût ! Aujourd’hui, je m’entraîne au Punaruu Boxing Club. Je me sens à l’aise sur le ring. Je n’ai pas encore été en compétition, mais c’est dans mes projets”, ambitionne le jeune homme, qui retourne tous les six mois dans l’Hexagone pour l’adaptation de sa prothèse principale par rapport à sa croissance.
“Je suis admirative de mon fils. Il n’aime pas se plaindre : il s’adapte. Depuis toujours, il doit faire face au regard des gens qui ne connaissent pas le handicap. C’est aussi pour ça que je me dis que c’est bien d’en parler, même si c’est difficile. Son parcours peut aider d’autres personnes”, espère Vaihere Bennett. “Pas d’excuse : quand on veut, on peut !”, c’est ce qui guide les pas de Kirei, qui ne souhaite “pas être considéré comme une personne en difficulté, mais plutôt comme un élève comme les autres”.
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