Le président Paul Biya a signé le 12 octobre 2026 le document cadre de préparation du budget de l’État pour l’exercice 2027. Le texte demande d’augmenter la contribution du secteur minier aux recettes publiques, alors que le dernier rapport de l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE) relève plusieurs incohérences dans la filière aurifère du pays.
Le chef de l’État prescrit de renforcer les contrôles et l’encadrement des activités minières, et de poursuivre la promotion de l’exploitation du fer, de l’or et de la bauxite. Le document ne fixe toutefois aucun montant de recettes supplémentaires attendu de l’or, ni hausse de taxation. Son volet sur la décentralisation demande par ailleurs la mise à disposition effective des ressources fiscales collectées au profit des collectivités territoriales décentralisées, une consigne qui vise l’ensemble de la fiscalité locale.
Selon le rapport de l’ITIE publié en décembre 2025, la Société nationale des mines (Sonamines) a collecté 269,12 kg d’or en 2023 au titre de l’impôt synthétique minier libératoire et du droit de sortie, soit une valeur de 10,29 milliards de FCFA. Ces prélèvements ont été faits en nature et ne correspondent donc pas à un encaissement équivalent dans le budget de l’État. Le rapport indique que ni les procès-verbaux de rétrocession ni les rapports de la Sonamines ne confirment le transfert effectif des parts dues aux communes et aux populations riveraines.
Il relève aussi un écart dans l’un de ses tableaux : des droits théoriques de 34,69 kg d’or y sont annoncés, alors que les deux composantes affichées totalisent 28,41 kg, soit 6,28 kg de différence.
Le Code minier du 19 décembre 2023 fixe à 5 % la taxe ad valorem sur les métaux précieux. Pour l’exploitation artisanale semi-mécanisée, l’impôt synthétique minier libératoire est de 25 % de la production brute, une part qui inclut celle de l’État (17,8 %), la taxe ad valorem (5 %) et un acompte d’impôt sur les sociétés (2,2 %).
Sur la répartition de la taxe ad valorem, un arrêté du ministre des Finances du 16 juillet 2025 prévoit 5 % pour la commune du site, 5 % pour les régions et 2 % pour les populations riveraines. L’édition 2026 du Code général des impôts mentionne encore, à l’article 239 quinquies, une affectation de 25 % à la commune compétente.
Exportations : un écart avec les Émirats arabes unis
Dans une analyse du 17 avril 2026, Ahmed Zouari, du Secrétariat international de l’ITIE, note que le Cameroun a déclaré 22,3 kg d’or exportés en 2023, tandis que les Émirats arabes unis ont enregistré plus de 15 tonnes d’importations en provenance du pays. Cet écart ne suffit pas, précise-t-il, à mesurer les volumes exportés frauduleusement ni les pertes fiscales.
Pour 2025, le compte rendu d’une rencontre avec les bureaux d’achat, publié le 19 mars 2026 par la Sonamines, rapporte les propos de son directeur général, Serge Hervé Boyogueno : aucun gramme d’or n’a été exporté par les voies formelles. Cette affirmation ne concerne que les circuits officiellement enregistrés.
Des mesures de contrôle des autorisations d’exploitation et des déclarations de production avaient été présentées en février 2026.
MMINews
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