Plus de 7,1 millions de citoyens majeurs figurent désormais dans le registre électoral en cours de refonte. La Commission électorale nationale indépendante (Ceni) a présenté, vendredi 16 octobre, à Alarobia, les premiers résultats des opérations engagées depuis deux mois et demi. Au total, 7 163 714 personnes ont été recensées. Ce chiffre reste provisoire, plusieurs localités devant encore faire l'objet d'interventions pour permettre aux citoyens remplissant les conditions requises de s'inscrire.
Le travail effectué directement auprès des ménages représente l'essentiel des résultats obtenus. Les agents recenseurs déployés dans les fokontany ont assuré 93,23 % des inscriptions. Les démarches réalisées spontanément auprès des bureaux des fokontany comptent pour 6,06 %. Les autres dispositifs restent peu sollicités : 0,41 % des inscriptions ont été effectuées lors de la délivrance des cartes nationales d'identité, 0,28 % dans les espaces publics fréquentés et seulement 0,03 % sur le site internet de la Ceni.
Les données révèlent également une légère prédominance féminine. Les femmes représentent 51,19 % des citoyens enregistrés, contre 48,81 % pour les hommes. La province d'Antananarivo arrive en tête avec 32,92 % des inscriptions nationales, tandis que la région Analamanga concentre à elle seule 16,86 % du total.
Le président de la Ceni, Thierry Rakotonarivo, reconnaît néanmoins que plusieurs difficultés ralentissent les opérations. L'absence de carte nationale d'identité ou de copie d'acte de naissance empêche certains citoyens majeurs de finaliser leur inscription. Dans plusieurs localités, la non-désignation de chefs de fokontany perturbe également l'organisation du recensement. L'institution prévoit de poursuivre ses interventions pour améliorer la couverture du territoire et limiter les exclusions.
La constitution d'un fichier électoral fiable représente un enjeu majeur pour les prochaines consultations. Au-delà du nombre d'inscrits, la Ceni devra veiller à l'exactitude des informations recueillies, prévenir les doublons et identifier les éventuelles omissions. Thierry Rakotonarivo a également rappelé que l'enrôlement biométrique et l'inscription électorale répondent à des procédures différentes, bien qu'elles puissent être complémentaires.
La finalisation de la liste électorale est programmée pour fin avril 2027. Selon le calendrier évoqué par le chef de l'État, le colonel Michaël Randrianirina, l'organe électoral devrait être en mesure d'organiser un scrutin à partir de juillet 2027. Le référendum constitutionnel et l'élection présidentielle sont, en principe, envisagés avant la fin de cette même année.
Ces échéances constituent des étapes déterminantes du processus de Refondation de la République. Le référendum doit permettre aux électeurs de se prononcer sur un nouveau texte constitutionnel, tandis que la présidentielle doit aboutir à la désignation d'un chef de l'État au suffrage populaire.
Lors de son intervention à l'Académie militaire d'Antsirabe, le 1er octobre, Michaël Randrianirina avait insisté sur la nécessité d'organiser des élections dont la régularité et les résultats ne pourraient être contestés. Le dirigeant avait également évoqué, au cours d'un entretien accordé en septembre à la radio des Nations unies, une éventuelle révision du cadre juridique électoral, accompagnée d'une possible restructuration de la Ceni.
Les prochains mois seront donc consacrés à la consolidation du registre électoral et à la préparation des réformes envisagées. La transparence des procédures, l'accessibilité des inscriptions et la fiabilité du fichier constitueront des éléments essentiels pour garantir la crédibilité des futures élections.
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