SÉNÉGAL-AGRICULTURE
Louga, 22 octobre (APS) –Le Cadre national interprofessionnel de la filière niébé, en collaboration avec le Fonds national de développement agro-sylvo-pastoral (FNDAPS), a mis en œuvre un projet de diffusion à grande échelle de variétés de niébé à cycle court dans neuf régions du Sénégal, pour renforcer la sécurité alimentaire et les revenus des ménages agricoles, a indiqué son président Alioune Mbengue.
‘’Le projet est financé dans le cadre du FRSP [Programme de résilience du Système Alimentaire], avec l’appui de la Banque mondiale. Le FNDAPS et le CENIF ont mis en place cette initiative pour favoriser la diffusion de différentes variétés de niébé à l’échelle nationale et permettre aux producteurs de se les approprier afin d’en assurer la multiplication’’, a-t-il expliqué.
M. Mbengue s’exprimait lors d’une visite d’un champ appartenant à un membre de la Coopérative agricole de Kell (COPAKEL), dans la région de Louga (nord), dans le cadre du suivi des activités de vulgarisation de ces nouvelles variétés.
Selon lui, le niébé occupe une place importante dans l’alimentation des populations et contribue à l’amélioration de la productivité de l’élevage, grâce à ses graines et à ses fanes utilisées comme aliments pour le bétail.
Il a indiqué que cette légumineuse figure parmi les principales cultures de la région de Louga, soulignant l’importance de promouvoir des variétés adaptées aux conditions de production et susceptibles d’améliorer les rendements des exploitations familiales.
Évoquant les résultats observés sur le site visité, le président du CENIF a relevé un retard dans les semis effectués le 24 août, tout en saluant le comportement “satisfaisant” des plants, malgré les contraintes liées au calendrier cultural.
‘’Nous avons constaté que les plantes se sont bien comportées, avec un bon développement des fanes et une bonne formation des gousses. Si toutes les semences avaient été disponibles à temps, nous aurions pu obtenir de meilleures performances’’, a-t-il estimé.
Les nouvelles variétés de niébé devraient contribuer à renforcer la sécurité alimentaire des exploitations familiales, tout en offrant des opportunités économiques aux femmes, notamment à travers la commercialisation des gousses fraîches et des graines, a indiqué Alioune Mbengue.
Dans les zones d’intervention de la COPAKEL et de la Fédération des associations paysannes de la région de Louga (FAPAL), dit-il, certaines femmes peuvent tirer des revenus nets estimés entre 100 000 et 150 000 francs CFA, voire davantage, de la commercialisation de ces produits.
À ces revenus, s’ajoutent ceux issus de la vente des graines sèches, tandis que les fanes contribuent à l’alimentation du cheptel, notamment les petits ruminants, les équidés et les bovins.
D’une durée de trois ans, le projet est doté d’un financement de 87 millions de francs CFA. Il prévoit des interventions dans neuf régions du Sénégal afin de faciliter l’accès des producteurs aux variétés de niébé à cycle court et d’encourager leur adoption à grande échelle.
Pour la campagne en cours, quelque 618 kilogrammes de semences, toutes variétés confondues, ont été distribués à raison d’un kilogramme par producteur dans six régions : Louga, Diourbel, Thiès, Kaolack, Fatick et Kaffrine.
Les régions de Saint-Louis, Tambacounda et Ziguinchor restent à couvrir, a précisé le président du Cadre national interprofessionnel de la filière niébé qui prévoit leur intégration dans la prochaine phase du projet, en vue d’atteindre l’ensemble des neuf régions ciblées.
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