SENEGAL-POLITIQUE-CINEMA
Dakar, 21 oct (APS) – Le documentaire intitulé “Gouverner au féminin : Soham El Wardini” de Diabou Bessane revient sur la trajectoire de la première femme ayant été maire de la ville de Dakar, une occasion pour la réalisatrice de mettre en exergue le combat des femmes décidées à se faire une place au sein des états-majors politiques.
Le documentaire, projeté mardi soir dans une salle de cinéma de Dakar, retrace le parcours de Soham Wardini, édile de la capitale sénégalaise de 2018 à 2022.
Mme Wardini, professeure d’anglais de formation, a enseigné dans plusieurs lycées de Dakar pendant 27 ans, avant de troquer la craie contre la politique.
Elle a été élue maire de Dakar sur proposition de Khalifa Sall alors destitué de son poste et placé en détention dans une affaire portant sur un détournement d’un montant d’1,83 milliard de francs CFA.
“J’ai été voir Khalifa Sall en prison, et c’est là qu’il m’a dit : tu seras le maire de Dakar. Il m’a laissée pleurer pendant une minute. Il m’a répétée encore : tu seras le prochain maire de Dakar”, raconte-t-il. Ce que Khalifa Sall a confirmé dans le film.
La native de Latmingué, une commune de la région de Kaolack (centre), accède ainsi à la tête de la ville de Dakar, succédant à Khalifa Sall dont elle était l’un des adjoints.
La réalisatrice a recueilli de nombreux témoignages sur les actions sociales de Soham El Wardini dont elle a interrogé la famille et les collègues pour faire le récit de sa vie.
Mais ce qui est le plus à retenir de ce film, c’est le combat titanesque que mènent les femmes au sein des formations politiques pour espérer se faire une place.
Selon Hélène Tine, qui témoigne de la pugnacité dont a fait preuve Soham El Wardini au sein de l’Alliance des forces du progrès (AFP), formation au sein de laquelle elles ont toutes les deux milité, il arrive même que des femmes soient utilisées pour combattre leurs sœurs dans le champ de la politique
Soham El Wardini en a fait les frais au sein des partis politiques au sein desquels elle a milité, mais surtout à la mairie de Dakar où beaucoup, dit-elle, tablaient sur son échec.
Ses méthodes décriées au début ont fini par faire adhérer certains sceptiques.
Ses actions de soutien aux populations de Dakar pendant la pandémie de la Covid-19, les financements octroyés par la ville de Dakar aux groupements de femmes pour leur autonomie, son déplacement au Mexique en tant que maire de Dakar pour recevoir le drapeau des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) attribué à Dakar pour 2022 et dont l’organisation a été repoussée à 2026 (31-13 novembre prochain) sont autant de faits saillants de son mandat sur lesquels le film revient.
La première femme maire de Dakar reste convaincue de la capacité des femmes à assumer des charges publiques, car ayant déjà l’expérience de la gestion quotidienne des familles.
“Je conseille aux jeunes dames [de se battre] et leur apporte tout mon soutien. Que ce film puisse les inspirer à ne jamais se décourager. Dans la vie, il faut savoir oser. Je suis une villageoise de Latmingué qui arrive avec l’aide de Dieu à devenir la première femme maire de Dakar, c’est un exemple à suivre, à décortiquer”, a réagi Soham El Wardini, à la fin de la projection de ce documentaire.
“Si je pouvais demander au Seigneur de donner les mairies à toutes les femmes, ce serait formidable. Les femmes aiment être responsabilisées et elles font de leur mieux pour réussir”, a-t-elle dit, tout en exprimant sa fierté pour la réalisation de ce film.
La projection s’est déroulée en présence de beaucoup de personnalités dont l’ancien maire de Dakar Khalifa Sall, Abass Fall, actuel édile de la capitale sénégalaise et ancien élève de Soham Wardini au lycée Blaise Diagne.
La réalisatrice Diabou Bessane compte à son actif d’autres documentaires, dont celui intitulé “Les mamans de l’indépendance” (2012), dans lequel elle met en exergue la contribution des femmes dans la marche vers l’indépendance.
Elle a aussi sorti, en 2014, “Au nom de la liberté de la presse”, un film axé sur la pratique du journalisme.
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