Après la disparition de Mody Niang, sa fille, la Dr Alima Niang, a choisi de parler de l’homme qu’elle a connu au sein de sa famille : un père attentif, affectueux et attaché à l’éducation de ses enfants.
Dans son hommage, Alima Niang rappelle l’exigence qu’il plaçait au cœur de leur éducation. Il leur demandait de rester dignes et leur répétait : « Nitt dey xam boppam », pour leur rappeler l’importance de connaître leur valeur et de respecter leurs principes. Cette exigence faisait écho à ses engagements publics : Mody Niang a consacré une grande partie de sa vie à dénoncer les dérives de la gouvernance et à éveiller les consciences, en défendant les libertés démocratiques, la justice et la transparence dans la gestion des ressources publiques.
Une relation faite d’attention et de complicité
Benjamine de la famille, qu’il appelait affectueusement « sa thiaat », elle occupait une place particulière auprès de lui. Selon le témoignage publié par Xalima, son père demandait régulièrement à ses autres filles de veiller sur elle.
Elle raconte qu’il percevait ses inquiétudes même lorsqu’elle tentait de les cacher derrière un sourire. Leurs échanges comprenaient aussi des taquineries en wolof, souvenirs d’une complicité qu’elle évoque dans son hommage.
Quelques jours avant de partager ces souvenirs, Alima Niang relisait sa thèse de doctorat et les dédicaces où elle remerciait son père. Elle dit aujourd’hui vouloir lui adresser des prières et garder un sourire lorsqu’elle pense à lui, plutôt que de lui devoir des larmes.
À la fin de son hommage, elle promet de continuer à lui parler, même s’il ne peut plus lui répondre. L’image du père qu’elle dessine rejoint ainsi celle de l’intellectuel engagé salué après sa mort : un homme dont les convictions et la liberté de parole ont marqué le débat sur la gouvernance au Sénégal.
Mody Niang a compté parmi les premiers contributeurs de xalimasn.
