Le policier Taukoor est sous le coup de deux inculpations provisoires. Le van dans lequel se trouvait Elodie au moment du drame.
L’IPCC accélère son enquête sur le coup de feu ayant blessé Élodie Thomas à Camp-Levieux. Après le visionnage des caméras Safe City et la reconstitution avec le chauffeur du minibus, les témoignages clés apportent un nouvel éclairage sur les faits.
L’enquête de l’Independent Police Complaints Commission (IPCC) sur le coup de feu tiré par le sergent Gowtamsingh Taukoor, dit Deepak, le vendredi 9 octobre à Camp-Levieux, se poursuit. Les enquêteurs ont recueilli les versions du chauffeur du minibus, Tirvassen Soobrayen, aussi connu sous le nom de Rudy, et d’un passager de 22 ans, collègue d’Élodie Thomas, qui se trouvait à bord du véhicule au moment des faits. Une descente sur les lieux a également été effectuée le mercredi 14 octobre.
Arrêté peu après les faits, le sergent Deepak Taukoor fait l’objet de charges provisoires de « Using firearm to intimidate », en vertu de l’article 37(1) de la Firearms Act, et de « Involuntary wounds and blows by imprudence », en vertu de l’article 239(1) du Code pénal. L’accusation provisoire de « Possession of Firearm with intent to endanger life », qui pesait initialement contre lui, a été rayée.
Dans un communiqué publié le jeudi 15 octobre, l’IPCC indique avoir ouvert deux enquêtes distinctes après avoir reçu, le 12 octobre, deux plaintes, l’une au nom d’Élodie Thomas et l’autre de Tirvassen Soobrayen. La Commission a également obtenu les images des caméras Safe City couvrant la région de Camp-Levieux et a entamé leur analyse approfondie.
Le 13 octobre, les enquêteurs de l’IPCC se sont rendus au poste de police de Camp-Levieux, où ils ont obtenu des documents et des registres relatifs à cette affaire. Le 14 octobre, ils ont visionné les images de Safe City et commencé à les analyser en détail. Le dossier de l’enquête initialement ouverte par la police leur a également été officiellement transmis ce jour-là.
Mercredi 14 octobre, les enquêteurs de l’IPCC ont conduit Rudy Soobrayen au carrefour Arianne/Ratsitatane, à Camp-Levieux, Rose-Hill, afin qu’il indique précisément les lieux où se sont déroulés les faits. Le chauffeur a notamment montré l’endroit où il affirme avoir été contrôlé par la police dans la soirée du vendredi 9 octobre. Il a ensuite reconstitué la scène au cours de laquelle il affirme avoir été menacé par le sergent Gowtamsingh Taukoor. Il a également indiqué la position du minibus lorsqu’il a entendu une détonation, avant de comprendre qu’il s’agissait d’un coup de feu (voir ses déclarations plus loin).
Cette démarche vise notamment à confronter la version du chauffeur aux images des caméras de surveillance Safe City obtenues par la Commission.
La balle avait atteint Élodie Thomas, âgée de 28 ans, à la nuque. La jeune femme a été admise à l’hôpital, où elle a subi des interventions chirurgicales.
Le témoignage du passager
Un passager de 22 ans, collègue de la victime et témoin direct des événements, a également été entendu par les enquêteurs de l’IPCC en présence de son avocat, Me Arvin Luchmun. Dans sa déposition, il a expliqué qu’il habite Camp-Levieux et qu’il rentrait chez lui avec ses collègues au moment des faits. Il a notamment précisé où se trouvait le sergent Gowtamsingh Taukoor lorsqu’il aurait proféré des menaces à l’encontre du chauffeur du minibus.
Effrondrée sur son siège
Le témoin a déclaré avoir entendu une détonation peu après que le véhicule eut redémarré du lieu où le contrôle policier avait eu lieu. Il a ensuite constaté qu’Élodie Thomas s’était effondrée sur son siège. Il affirme l’avoir soulevée pour la replacer correctement. « Nou ti krwar van inn gayn kout ros », a-t-il expliqué aux enquêteurs.
Ce n’est que peu après, en constatant la présence de sang et l’état de sa collègue, qu’il aurait compris qu’elle avait été atteinte par une balle. Le jeune homme a ajouté avoir alerté son responsable au travail, qui lui aurait demandé de rester sur les lieux.
L’IPCC indique enfin qu’elle communiquera de nouvelles informations lorsque cela sera approprié dans cette affaire.
Les menaces du policier, selon Rudy « Tonn anvi gayn kout bal ? »
Rudy Soobrayen, le chauffeur du minibus dans lequel se trouvait Élodie Thomas lorsqu’elle a été blessée par balle le vendredi 9 octobre, a livré sa version des faits. Selon lui, il déposait des passagers chez eux lorsqu’il a aperçu un policier au milieu de la route à Camp-Levieux. Il affirme s’être enquis auprès de celui-ci pour savoir s’il pouvait poursuivre son chemin. « Ler monn alim la limyer pou koz ek staf-la, enn lot polisie in vinn ek mwa, linn ouver mo laport. Linn dir ki pe arive-la ? Lin pran so revolver, lin met lor mo latanp e lin dir mwa, ‘Tonn anvi gayn kout bal ?’ »
Le chauffeur affirme avoir démarré son véhicule avant d’entendre un bruit assourdissant : « Monn tan ‘bao’ par deryer. » Selon sa version, la balle a traversé la vitre arrière du véhicule avant de toucher la passagère.
