Le Tribunal des pairs (TP), organe du Conseil pour l’observation des règles d’éthique et de déontologie dans les médias (CORED) est installé ce mercredi par le ministre de la Communication Bacary Sarr en présence de Mme Marie Odile Thiakane, directrice des Affaires civiles et du Sceau, représentante du ministre de la Justice. Le TP entend renforcer la veille sur les pratiques professionnelles et promouvoir le respect des règles éthiques et déontologiques dans la presse sénégalaise.
Dans son bilan, l’instance dirigé par Ibrahima Souleymane Ndiaye fait état de nombreuses saisines portant notamment sur des cas présumés de plagiat, de propagande et de reprise de contenus identiques par plusieurs médias. Au total, une cinquantaine d’organes de presse auraient été concernés par ces manquements.
Le bilan présenté par Cheikh Tidiane Ndiye fait état de treize (13) plaintes reçues et de vingt-sept (27) autres saisines. Les décisions rendues comprennent notamment des avertissements, des recours, des demandes liées aux droits de la défense, ainsi que des dossiers déclarés irrecevables ou rejetés.
Pour le Tribunal des pairs, ce bilan ne constitue qu’une étape dans un processus plus large visant à assurer une surveillance régulière des pratiques éthiques et déontologiques dans les médias. L’objectif est de renforcer le suivi quotidien du traitement de l’information et d’amener les professionnels à se conformer davantage aux exigences de leur métier.
Une mission exigeante, comme l’a souligné M. Cheikh Tidiane Ndiaye au nom du président absent, fort de son expérience acquise lors d’un premier mandat au sein de l’instance.
Il a également souhaité la bienvenue aux nouveaux membres de l’équipe, dont les nominations ont été portées par le CORED, en les invitant à mesurer l’ampleur des responsabilités qui les attendent.
Face aux réticences de certains professionnels à se conformer aux règles déontologiques, le Tribunal des pairs lance un appel à l’ensemble des journalistes et responsables de médias.
Il les invite à faire de la Charte des journalistes et du Code de la presse leurs principaux repères dans l’exercice de leur profession, afin de prévenir les manquements susceptibles de porter atteinte à la crédibilité de l’information et à l’image de la presse.
L’instance rappelle que ses avis peuvent avoir des conséquences sur certaines procédures liées à la délivrance des documents nécessaires à l’obtention de la carte nationale de presse.
Toutefois, elle récuse l’image d’un organe uniquement répressif, estimant que sa mission première consiste à servir la corporation et à contribuer à son assainissement.
Le CORED repose sur un principe essentiel, permettre aux journalistes de veiller eux-mêmes au respect des règles qui encadrent leur profession.
« Nous jugeons nous-mêmes avant que les profanes ne s’en chargent », a rappelé M. Ndiaye, soulignant la nécessité pour les professionnels des médias de prendre pleinement leurs responsabilités dans la régulation de leurs pratiques.
Au-delà des avertissements et des sanctions, le travail du Tribunal des pairs repose également sur l’alerte, la sensibilisation et l’accompagnement des journalistes. Cette démarche vise à prévenir les dérives et à préserver la liberté de la presse, tout en rappelant que celle-ci s’exerce dans le respect des obligations professionnelles.
M. Ndiaye a également mis en avant l’importance de l’assistance juridique apportée aux confrères, qui peut contribuer à prévenir certaines conséquences judiciaires liées à l’exercice du métier.
À travers ce bilan, le Tribunal des pairs réaffirme ainsi sa volonté de promouvoir une presse plus responsable, attachée aux principes d’éthique et de déontologie, et soucieuse de préserver la confiance du public.
