Aux États Unis, presque tous les présidents depuis Georges Bush ont gouverné avec un congrès dominé par l’opposition, les républicains ou les démocrates.
Ce sont des moments difficiles pour tout président des États Unis notamment quand il s’agit de voter les budgets de l’État fédéral. Les blocages peuvent aller jusqu’à des paralysies partielles ou totales du gouvernement fédéral, les fameux shutdowns mais des accords sont toujours trouvés ; aucun parti n’ayant intérêt à porter la responsabilité d’une paralysie durable de l’État fédéral qui a en charge la sécurité du pays et les programmes sociaux destinés à soutenir les plus pauvres.
La situation politique actuelle du Sénégal ressemble plus à celle des États Unis qu’à celle qu’a connue la France avec les cohabitations Mitterrand – Chirac (1986 – 1988), Mitterrand – Balladur (1993 – 1995) et Chirac – Jospin (1997 – 2002) ou un président partage le pouvoir avec un premier ministre issu de majorité parlementaire de l’opposition. Cette situation n’est pas non plus une première dans notre pays.
Ce qui est nouveau, ce sont les désaccords profonds entre le PASTEF qui contrôle l’Assemblée Nationale et le Président de la république issu de ce parti et qui a décidé de s’en séparé, autour des réformes et de la gestion de la dette colossale héritée du régime de Macky Sall et dont une partie a été cachée aux créanciers internationaux du pays. L’État ne peut trouver de l’argent pour mettre en œuvre les programmes sociaux et les programmes de développement du pays sans un accord avec les bailleurs de fonds.
L’État doit donc négocier et conclure les meilleurs accords possibles pour le pays. Pour cela, l’État a besoin d’unité sur le front politique interne. Il faut un dialogue entre le gouvernement et toutes les forces politiques présentes à l’Assemblée Nationale et même avec celles qui n’y sont pas présentes. Ce dialogue peut être élargi aux centrales syndicales et aux mouvements élèves et étudiants.
Idéalement, des experts de l’opposition parlementaire devraient être intégrés dans les délégations gouvernementales lors des négociations avec les créanciers du pays. Ces propositions supposent que le Président de la République Bassirou Diomaye Faye et le Président de l’Assemblée Nationale Ousmane Sonko adoptent des postures d’hommes d’État responsables et mettent en avant l’intérêt supérieur de la nation.
Pour cela, ils doivent régner sur les extrémistes de leurs camps respectifs à savoir ceux qui dans PASTEF veulent en découdre avec un président qu’ils qualifient de « traitre » et de l’autre les groupes hétéroclites qui constituent le parti du président, le Kiiraye, dont beaucoup sont issus de l’APR et de Benno Bokk Yakaar et pensent que leur position et leur avenir auprès du président dépendent d’une opposition frontale, voire d’une animosité entre celui-ci et ses anciens camarades de PASTEF.
En résumé, il est impératif de dialoguer pour sortir le pays du gouffre de la dette. Lorsque le temps des élections arrivera, le peuple souverain tranchera.
Seydi Gassama
Citoyen Sénégalais
Victime des programmes d’ajustement structurel des années 1980 – 1990
