SENEGAL-AFRIQUE-EDUCATION
Dakar, 22 oct (APS) – Les difficultés d’apprentissage ont reculé en début de primaire, entre 2014 et 2025, dans les 16 pays africains évalués par le Programme d’analyse des systèmes éducatifs (PASEC) de la Conférence des ministres de l’Éducation des États et gouvernements de la Francophonie (CONFEMEN), mais les acquis restent fragiles en fin de primaire et au collège, selon les résultats rendus publics, jeudi, à Dakar.
L’évaluation PASEC2024, dont la collecte des données a été réalisée en 2025, a, selon le dossier de presse, mobilisé 364 313 répondants, dont des élèves, des enseignants, des directeurs d’école et des parents, pour mesurer les compétences en lecture et en mathématiques à différentes étapes du parcours scolaire.
‘’En début de primaire, la proportion d’élèves situés sous le seuil minimal de compétences en lecture est passée de 71 % en 2014 à 41 % en 2025. En mathématiques, elle a baissé de 47 % à 26 % sur la même période’’, indique la même source.
‘’Ces résultats démontrent que les interventions ciblées sur les premiers niveaux du primaire portent leurs fruits et permettent d’asseoir de meilleures bases pour le parcours scolaire’’, lit-on dans le document remis à la presse.
Toutefois, cette évolution favorable s’inverse en fin de primaire. La proportion d’élèves sous le seuil minimal de compétences en lecture, qui était de 52 % en 2019, est remontée à 62 % en 2025. En mathématiques, elle atteint 75 %, contre 62 % en 2019.
Mesurée pour la première fois en fin de collège, la maîtrise des compétences fondamentales reste également préoccupante : seuls 32,9 % des élèves atteignent le niveau requis en lecture et 21,9 % en mathématiques.
Ces résultats mettent en évidence des trajectoires contrastées selon les niveaux scolaires et les disciplines, malgré les progrès enregistrés au cours de la dernière décennie dans les premières années du primaire.
‘’L’enjeu de cette publication n’est pas d’établir un classement général des pays participants, mais de comprendre les trajectoires et d’éclairer sur les conditions de réussite’’, précise la CONFEMEN.

Le président en exercice de l’institution, Laurent Serge Etoundi Ngoa, a également insisté sur la vocation comparative de l’évaluation, qui doit favoriser les échanges d’expériences entre les pays plutôt que leur mise en concurrence.
‘’La comparabilité au service de l’apprentissage mutuel entre pays qui progressent ensemble et non un classement entre pays qui se jugent’’, a-t-il déclaré.
Pour le secrétaire général de la CONFEMEN, Abdel Rahmane Baba-Moussa, l’évaluation doit avant tout aider les décideurs à mieux comprendre les réalités des salles de classe et les difficultés rencontrées par les acteurs éducatifs.

‘’Derrière chaque pourcentage, chaque courbe, chaque tableau que vous découvrirez au cours de ces deux journées, se cache un visage, une salle de classe, un enseignant ou une enseignante qui, chaque matin, relève un défi immense avec les moyens dont ils ou elles disposent’’, a-t-il souligné.
Il a ajouté qu’évaluer les apprentissages ne revient pas à juger les enfants, mais à donner aux décideurs, aux partenaires et aux acteurs de l’éducation les moyens d’agir.
‘’La publication de ce résultat n’est pas un aboutissement, c’est un point de départ’’, a-t-il insisté, appelant à une utilisation effective des données pour transformer les politiques éducatives et améliorer la qualité des apprentissages.
Le PASEC2024 dresse ainsi un bilan contrasté d’une décennie d’évolution des apprentissages dans les 16 pays participants, avec des progrès en début de primaire et des défis persistants aux niveaux supérieurs.
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