La CEDEAO et la Confédération des États du Sahel (AES) ont convenu à Dakar de créer des groupes de travail conjoints pour préparer un accord-cadre de coopération. Il s’agit des premières négociations formelles entre les deux organisations, engagées pour rapprocher leurs positions sans rompre les liens entre les peuples ouest-africains.
La délégation de l’AES avait été préparée en amont comme une représentation commune du Burkina Faso, du Mali et du Niger. Le 16 octobre 2026, leurs ministres des Affaires étrangères se sont réunis à Ouagadougou pour examiner les travaux d’experts menés les 14 et 15 octobre et préciser leur approche des discussions avec la CEDEAO. Cette préparation traduit la volonté de négocier d’entité à entité.
Les échanges s’ouvrent alors que Bassirou Diomaye Faye, président en exercice de la CEDEAO depuis le sommet de Freetown du 19 juillet, a appelé l’organisation à passer « des constats » à « l’action ». La coopération entre les deux organisations doit s’appuyer sur le bon voisinage, le respect de la souveraineté des États, la dignité et le bien-être des populations ouest-africaines. Les parties disent viser un cadre « équilibré » et « réaliste ».
Cette étape ne règle pas leurs divergences. Les groupes de travail doivent préparer les bases de l’accord-cadre, mais aucune mesure immédiate sur les visas, les formalités frontalières ou la circulation n’a été annoncée. Les discussions pourraient porter sur la circulation des personnes et des biens, le commerce, la coopération transfrontalière, la sécurité ainsi que les questions juridiques et institutionnelles. Le communiqué conjoint relayé par senenews ne précise toutefois pas les sujets qui seront confiés à chaque groupe.
Les ressortissants du Mali, du Burkina Faso et du Niger pourraient être concernés par les échanges sur les conditions de déplacement et de séjour dans les pays de la CEDEAO. Pour les opérateurs économiques, les discussions pourraient aussi porter sur les règles encadrant le commerce et les activités transfrontalières. Les groupes de travail devront transmettre leurs conclusions aux ministres avant une prochaine session ministérielle, dont la date et le lieu restent à fixer.
Ces négociations s’inscrivent dans des consultations entre les deux organisations engagées à Bamako le 22 mai 2025.
