Ousmane Sonko affirme avoir refusé toute restructuration de la dette lorsqu’il dirigeait le gouvernement, de 2024 à 2026. Il dit que Cheikh Diba, alors à ses côtés, et Abdourahmane Sarr partageaient cette position.
Selon l’ancien Premier ministre, le chef de l’État s’est rallié à ce refus après deux ou trois réunions. Sonko affirme que cette position est restée celle de l’État jusqu’à son départ de la Primature. Il assure également que son équipe travaillait à un fonds de garantie avec la Banque africaine de développement, la BOAD, la Banque islamique de développement et JPMorgan, afin de mobiliser entre 1 800 et 2 000 milliards de FCFA.
Le choix entre restructurer la dette et trouver d’autres financements se joue sur fond de forte contrainte budgétaire. En 2026, le paiement des intérêts devrait absorber 25 francs sur chaque tranche de 100 francs de recettes de l’État. Cheikh Diba a présenté cette charge comme l’un des principaux obstacles à la gestion des finances publiques, en soulignant que le traitement de la dette doit réduire la pression sur le budget sans interrompre les investissements ni les dépenses sociales.
Ousmane Sonko soutient que d’autres options étaient accessibles. Dans son récit, les échanges avec les Émirats arabes unis, où il dit s’être rendu deux fois, auraient débouché sur un accord proche de 2 milliards de dollars, mêlant financements concessionnels et investissements. Ndarinfo rapporte qu’il affirme avoir reçu, en février 2026, un message annonçant le déblocage d’un premier milliard de dollars : 900 millions destinés aux opérations financières et 100 millions à un centre d’affaires prévu à Mermoz.
Sonko soutient que ces solutions rendaient inutile le recours au Cadre commun du G20, qu’il juge inadapté à un problème de trésorerie et de financement. Il affirme que les éléments étayant ses propos figurent dans son téléphone, dans des échanges avec le ministre des Finances et les Émiratis. Le gouvernement met, lui, en œuvre le Plan de traitement de la dette dans le cadre du programme négocié avec le FMI.
La directrice générale du FMI a estimé que « le Sénégal a du potentiel et des atouts, et qu’avec un peu de soutien, il peut s’en sortir ».
