« Un veto des membres permanents » pourrait contraindre tous les prétendants au poste de secrétaire général de l’ONU à quitter la course, estime Souleymane Jules Diop. L’ancien ministre sénégalais présente ce scénario comme une issue possible au processus de succession d’António Guterres.
Le blocage au Conseil de sécurité s’inscrit, selon lui, dans les désaccords sur la rotation géographique et sur les candidatures en lice. Au départ, cette règle semblait favoriser l’Amérique latine. Mais des pays africains auraient contesté son application, estimant que le continent n’avait occupé le poste qu’une seule fois, avec Boutros Boutros-Ghali, alors associé au Groupe arabe. Dans ce contexte, Macky Sall aurait été encouragé à se présenter, avec une promesse de soutien de la France, rapporte Xibaaru.
La candidature de l’ancien président s’est aussi jouée dans la recherche d’alliances. Le 17 juillet, Macky Sall a été reçu au palais de la République par Bassirou Diomaye Faye, dans un contexte de démarches visant à obtenir des soutiens pour sa candidature à l’ONU. Le politologue Moussa Diaw a interprété cette audience comme le signe que le chef de l’État cherchait à se constituer des alliés. Ces tractations soulignent que la succession à l’ONU engage aussi des rapports de force politiques au Sénégal.
Souleymane Jules Diop reconnaît que les chances de Macky Sall étaient limitées face aux enjeux internationaux. Cette appréciation rejoint, sur un autre registre, celle du professeur Arona Coumba Ndoffène Diouf, qui a déclaré que l’ancien président « sait qu’il ne sera pas le SG de l’ONU ». Selon lui, une tradition non écrite ferait que le poste revienne cette fois à l’Afrique du Sud. Les deux analyses mettent ainsi en doute la possibilité d’une candidature sénégalaise aboutie, même si les démarches de soutien ont pesé dans les discussions.
Après le retrait de Macky Sall, les réserves de membres permanents envers des candidatures latino-américaines auraient prolongé les difficultés. Souleymane Jules Diop évoque six prétendants de cette région, parmi lesquels les Équatoriennes Yvonne Baki et María Fernanda Espinosa, et qualifie la situation de désordonnée.
L’ancien ministre affirme aussi que le Rwanda, mécontent du soutien du Burundi à Macky Sall, aurait appuyé la candidature de l’Ougandais Olara Otunnu. Cette multiplication des prétendants aurait compliqué la recherche d’un profil rassembleur.
Malgré les critiques visant Rafael Grossi et Rebeca Grynspan, Souleymane Jules Diop estime qu’un accord semblait se dessiner autour de la Costaricienne Rebeca Grynspan, âgée de 70 ans. Il considère que les rapports de force entre puissances et leurs divergences sur le profil du futur secrétaire général ont contrarié cette perspective.
Il prête enfin au président américain Donald Trump le souhait de voir accéder au poste ni un candidat noir, ni un Latino-Américain, ni une femme. Souleymane Jules Diop avance aussi l’hypothèse d’une promotion de Gianni Infantino, président de la FIFA, en lien avec le prix FIFA pour la paix qui lui aurait été attribué en rapport avec le président américain.
