SENEGAL-LITTERATURE-EVENEMENT
Dakar, 14 oct (APS) – La 18e édition de la Foire internationale du livre et du matériel didactique (FILDAK) qui s’ouvre jeudi à partir de 9 heures au Centre international du commerce extérieur du Sénégal (CICES) sera une ‘’édition de relance’’ après une pause de huit ans, a indiqué le directeur du Livre et de la promotion de la lecture, Ibrahima Lo.
Il a fait savoir dans un entretien accordé à l’APS que la dernière édition de la FILDAK remonte à 2018, précisant que les acteurs ne sont pas pour autant ”restés sans faire d’animation autour de l’édition’’.
‘’La FILDAK ne s’est pas tenue depuis 2018. L’édition qui aurait dû être organisée en 2020 ne l’a pas été parce que nous étions en plein dans la pandémie de la Covid-19. Ce qui ne laissait aucune possibilité de tenir ce genre d’activité’’, a-t-il expliqué.
‘’Il y a eu arrêt, mais la réflexion pour la relance ne s’est pas estompée, a dit le directeur du Livre et de la promotion de la lecture, car l’Etat, organisateur de l’évènement, n’est pas resté sans faire d’animation autour du livre et de la lecture”.
M. Lo a rappelé qu’il y a eu entre temps trois éditions du Salon national du livre. Le premier, à Saint-Louis (nord), du 29 novembre au 1er décembre 2018 sous le thème +Penser terroir : agir territoire pour le patrimoine du livre et de la lecture+, le deuxième, à Dakar, du 2 au 5 décembre 2021 sous le thème +Littérature et Covid-19+ et le troisième à Fatick (centre), du 8 au 12 janvier 2024 sous le thème ‘’Macky, les arts et le patrimoine’’.
En plus, a-t-il fait saloir, durant cette période, la direction du Livre et de la lecture a fait le point en organisant, en 2023, un atelier auquel ont été conviés tous les acteurs de la chaîne du livre et de leurs amis marocains.
Trois recommandations phares pour l’avenir de la FILDAK
Les participants ont, pendant trois jours, réfléchi sur comment penser l’avenir de la FILDAK, a souligné Ibrahima Lo qui est revenu sur les principales recommandations formulées à cette occasion
Selon lui, la première recommandation consistait à ‘’garder notre identité’’ et faire en sorte que le marqueur principal de la FILDAK puisse être maintenu.
‘’Le marqueur est d’abord une production littéraire de très grande qualité. Il fallait faire en sorte que ce soit le rendez-vous de ce que notre pays, le continent et même ses diasporas, comptent de plus percutant en termes de création littéraire. D’autant que de tout temps, Dakar a vu converger vers sa FILDAK les plus grosses pointures de la création littéraire’’, a-t-il dit.
Le directeur du Livre et de la promotion de la lecture a également rappelé qu’il a été demandé que cette dimension soit préservée, voire approfondie.
La deuxième recommandation, a ajoute Ibrahima Lo, portait sur un meilleur renforcement et une connexion de l’édition et de la diffusion, deux maillons importants d’une production littéraire de qualité.
“Il a été aussi demandé de faire en sorte que le meilleur de ce qui se fait puisse être connecté avec ce qui se fait de bien dans l’espace sous-régional, notamment au Salon du livre d’Abidjan, en Côte d’Ivoire, à la rentrée littéraire de Bamako, au Mali, et aux 72 Heures du livre de Conakry, en République de Guinée”, a-t-il rappelé.
‘’Il s”agit donc d’autant d’événements qui ont leur identité et que nous pensions pouvoir irriguer en bien. Car il est important d’être connecté parce qu’aujourd’hui, l’évolution du monde nous impose les grands ensembles’’, selon le directeur du Livre et de la promotion de la lecture.
La troisième recommandation formulée lors de ces journées de réflexion, qui est tout aussi importante, sinon la plus importante, selon M. Lo, a consisté à travailler pour que les professionnels de la chaîne du livre s’approprient la FILDAK.

‘’Jusque là, c’est l’Etat qui organise la FILDAK, tant bien que mal. Il met les moyens, mais le discours que nous avons tenu est qu’il arrive des moments où l’Etat doit cesser de s’engager lui-même. Il faut faire confiance aux communautés, aux organisations faîtières et leur laisser la possibilité d’assumer leur rôle et leur mission’’, a-t-il exhorté.
Pour Ibrahima Lo, c’est dans cette perspective qu’un arrêté ministériel a été pris en 2021 pour nommer un commissaire général en la personne de l’éditeur Abdoulaye Fodé Dione, par ailleurs président de l’Association des écrivains du Sénégal, dont la mission est d’administrer les salons et l’édition de la FILDAK de cette année.
‘’Il nous faut travailler dans la complémentarité’’
Le directeur du Livre et de la promotion de la lecture s’est réjoui en outre réjoui du ”dynamisme” de l’écosystème littéraire, avec ”beaucoup d’innovations” et ”une grande volonté de faire bouger les lignes”, car au même moment où l’Etat organise la FILDAK, l’organisation dénommée Promotion du livre et de la lecture (PLL), composée de jeunes écrivains, critiques littéraires, journalistes, bref d’amoureux du livre, prépare son symposium littéraire prévu les 17 et 18 octobre prochains au Centre culturel Blaise Senghor, à Dakar.
‘’C’est un indice de performance, de vitalité en ce qui concerne la culture. Il y a quand même beaucoup de choses qui se font en bien, même s’il y a d’autres qui méritent d’être mieux maturées parce qu’entre le bruit, presque inutile, et la réflexion qui prend du temps, la compréhension des enjeux du monde, en particulier de notre sous-secteur, il y a une distance ou une différence qu’il faut clairement identifier’’, a indiqué Ibrahima Lo, précisant que le symposium littéraire est accompagné financièrement par la direction du Livre et de la lecture.
‘’Donc nous ne sommes pas dans des postures de concurrence. Au contraire, ce n’est pas la vocation de l’Etat. Mais, j’estime que ça peut être un peu prétentieux de vouloir remplacer la FILDAK. Les gens ne boxent pas forcément dans les mêmes catégories et dans les mêmes standards. Il y a des choses que PLL fait, que nous ne faisons pas. Cela ne veut pas dire que nous ne pouvons pas les faire. Tous ces évènements contribuent, se conjuguent avec ce que nous faisons pour donner sens à la place de la création littéraire. Mais il me semble plus pertinent de travailler en termes de complémentarité’’, plaide le directeur du Livre.
Réaffirmant que la jeunesse est au centre des politiques publiques, il ajoute : ‘’ Nous, en tant que bras techniques de l’Etat, nous ne pouvons pas perdre cela de vue’’.
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