La création du groupe WhatsApp, qui compte plus de 600 membres selon les informations recueillies, est au centre d’une enquête du Central Criminal Investigation Department (CCID). Les enquêteurs cherchent à déterminer dans quelles circonstances ce groupe a été créé, comment il a évolué et quel rôle ses différents administrateurs ont pu jouer dans la diffusion de messages faisant état de projets de désordre et d’actes de vandalisme.
Akshaye Boodhun, 18 ans, habitant Camp-Diable, reconnaît être à l’origine de ce groupe. En état d’arrestation depuis le 15 octobre, il a expliqué aux enquêteurs l’avoir créé « dans un moment de colère », à la suite du coup de feu survenu à Camp-Levieux, le 9 octobre, qui avait grièvement blessé Elodie Thomas. Il soutient toutefois que son intention était de permettre le partage d’informations et de mises à jour sur les événements, et non d’inciter les membres à commettre des actes de violence ou à troubler l’ordre public. « Je n’avais aucune intention d’inciter à des actes de violence », a-t-il fait comprendre aux enquêteurs.
Selon sa version, le groupe avait avant tout une vocation informative. « Nou ti pe partaz bann linformasion zeneral, lor konser ek bann linformasion lintere piblik ». Il a également indiqué aux enquêteurs que plusieurs autres membres disposaient de droits d’administrateur et avaient ajouté des participants à la conversation. Ainsi, il affirme ne pas connaître personnellement plusieurs des membres du groupe.
Akshaye Boodhun a aussi expliqué qu’il avait déjà créé des groupes WhatsApp à d’autres occasions, notamment lors de concerts ou de périodes de prières, afin de transmettre des informations aux personnes concernées. « Dan le pase monn fer boukou group WhatsApp san okenn problem », a-t-il soutenu. Il conteste ainsi toute intention d’inciter à la violence.
Or, les enquêteurs disposent d’une série de messages échangés sur ce groupe, dont certains contiendraient des propos incitant à la violence et des références à des éventuels actes de vandalisme. Le CCID cherche à établir les circonstances dans lesquelles ces messages ont été publiés, l’identité de leurs auteurs et le rôle éventuel des administrateurs dans leur circulation.
Un autre suspect, âgé de 30 ans et habitant Roches-Noires, a également été arrêté dans le cadre de cette enquête. Les deux hommes font l’objet d’accusations provisoires sous l’article 8 du Prevention of Terrorism Act (PoTA). Les investigations portent notamment sur la responsabilité éventuelle des administrateurs face aux messages publiés dans le groupe, qui compte plusieurs administrateurs parmi les membres. Les enquêteurs reprochent aux deux suspects de ne pas avoir alerté les autorités après avoir pris connaissance de publications évoquant de possibles actes de désordre. « Inn trouv mesaz ki pe fer plan pou al fer dezord partou », confient des sources proches de l’enquête. Ces messages incluaient des vidéos de certains actes de vandalisme dans d’autres régions. Les enquêteurs cherchent à déterminer ce que chacun savait de ces échanges et s’il avait connaissance de projets susceptibles de déboucher sur des violences. Les deux hommes nient les accusations portées contre eux. L’enquête ne se limite toutefois pas aux deux suspects déjà arrêtés. La police poursuit ses démarches pour identifier les autres administrateurs et établir les responsabilités individuelles. Selon nos informations, au moins cinq autres membres devraient être appelés à fournir des explications au CCID dans les prochains jours.
Hurreeram entendu par le CCID
Robin Hurreeram, frère de l’ancien ministre Bobby Hurreeram, est membre du groupe. Il a été entendu par les enquêteurs dans le cadre de cette affaire, avant d’être autorisé à partir à l’issue de son interrogatoire. Il a expliqué qu’il n’était pas à l’origine de la création de ce groupe et qu’il n’en était pas responsable. Il a également nié toute implication dans des appels à la violence, les débordements ou les actes de vandalisme survenus dans le pays.
