Un député conservateur britannique a proposé de vendre directement aux États-Unis la base militaire de Diego Garcia pour six milliards de livres sterling (Rs 378 milliards, selon le taux de change du jour). Cette suggestion, formulée à la Chambre des communes, lundi 19 octobre, intervient alors que Londres poursuit ses négociations avec Maurice et Washington afin de garantir le maintien à long terme des activités militaires sur cet atoll de l’archipel des Chagos.
Sir Edward Leigh, député conservateur de Gainsborough, estime que cette vente permettrait de répondre à la fois aux impératifs de sécurité et aux besoins de financement de la défense britannique. « Pourquoi ne pas créer un cercle vertueux et vendre la base au président Trump pour six milliards de livres, puis utiliser cette somme pour commencer à porter nos dépenses de défense à 3 % du PIB d’ici à 2030 ? », a-t-il demandé au gouvernement.
Le député a justifié sa proposition en affirmant que Diego Garcia était, « à toutes fins utiles, une base militaire américaine ». Il a également souligné que les États-Unis ne reconnaissaient pas la compétence de la Cour internationale de justice, dans le cadre de son argumentation sur les difficultés juridiques entourant le dossier.
Le secrétaire d’État britannique à la Défense, Wes Streeting, a écarté cette option. « Je ne pense pas que ce soit la bonne solution », a-t-il répondu, se disant convaincu qu’un accord pouvait être conclu avec Washington et Port-Louis. Le gouvernement britannique cherche à garantir la continuité des opérations militaires sur Diego Garcia, un site stratégique utilisé conjointement par le Royaume-Uni et les États-Unis. Les négociations s’inscrivent dans le contexte du transfert de souveraineté de l’archipel des Chagos à Maurice, tout en prévoyant le maintien de la base dans le cadre d’un dispositif juridique destiné à assurer sa pérennité.
« Notre priorité est de garantir le fonctionnement à long terme de la base et de protéger la sécurité nationale du Royaume-Uni », a déclaré Wes Streeting devant les députés. Il a précisé que Londres travaillait avec Maurice et les États-Unis à l’élaboration d’un accord susceptible d’obtenir le soutien de toutes les parties. « Tout arrangement doit être acceptable pour nous tous, y compris le président Trump », a-t-il ajouté.
Cette position est celle adoptée par le nouveau gouvernement britannique, dirigé par le Premier ministre Andy Burnham, depuis la rencontre de ce dernier avec le président américain Donald Trump le mois dernier.
Les conséquences du transfert de souveraineté sur les activités militaires américaines ont également été abordées. Le député conservateur Sir Julian Lewis a interrogé le gouvernement sur le traité de Pelindaba, auquel Maurice est partie et qui établit une zone exempte d’armes nucléaires en Afrique. Ce traité interdit notamment l’acquisition, le stationnement et le déploiement d’armes nucléaires, sous réserve des dispositions applicables.
Il a demandé si Wes Streeting avait évoqué cette question avec ses interlocuteurs américains lors de son récent déplacement aux États-Unis. Le ministre n’a pas précisé la teneur des échanges, déclarant : « En matière de politique, nous ne parlons évidemment pas du stockage des armes nucléaires. »
