Il aura fallu attendre l'accession au pouvoir de l'un des fils d'Ambovombe, le colonel Michaël Randrianirina, pour voir se concrétiser un projet d'adduction d'eau potable dont les premières démarches remontent au moins à la présidence de Marc Ravalomanana. Après avoir traversé plusieurs régimes successifs, cette infrastructure destinée à améliorer l'approvisionnement en eau de 33 500 habitants a finalement été inaugurée jeudi par le président de la Refondation, accompagné du Premier ministre Mamitiana Rajaonarison et de plusieurs membres du gouvernement.
Le projet remonte à l'époque où Milavonjy Philobert, aujourd'hui vice-président de l'Assemblée nationale au titre de l'opposition, dirigeait encore la commune d'Ambovombe. Le défunt Jean-Jacques Rabenirina, alors ministre de la Culture issu de l'AVI de Norbert Lala Ratsirahonana, figurait également parmi les personnalités politiques de cette période. Depuis, les promesses et les préparatifs se sont succédé, notamment sous la transition d'Andry Rajoelina entre 2009 et 2013, durant la présidence de Hery Rajaonarimampianina, puis sous les mandats suivants d'Andry Rajoelina. Malgré ces différentes initiatives, les habitants ont dû patienter pendant de longues années avant de bénéficier de cette nouvelle infrastructure.
Entièrement financés par l'État à hauteur de 17,59 milliards d'ariary, les travaux ont été réalisés en trois mois. Une conduite de 28 kilomètres, d'un diamètre de 180 millimètres, relie désormais les installations d'Andranogoa à Ambovombe. Le dispositif comprend le raccordement de deux réservoirs de 300 et 200 m³. Il doit améliorer la distribution d'eau potable dans la ville et dans une vingtaine de villages situés le long du réseau.
L'arrivée de l'eau douce représente un changement considérable pour une population longtemps dépendante d'une eau saumâtre provenant de la nappe profonde de Mahavelo. Les bornes-fontaines font déjà l'objet d'essais, tandis que les habitants espèrent une diminution du prix de l'eau, actuellement vendu à 1 000 ariary le bidon, pour atteindre moins de 500 ariary.
La mise en eau, intervenue le 19 octobre, constitue une avancée concrète, même si le débit reste encore limité et doit progressivement augmenter. Cette nouvelle conduite s'appuie également sur des installations hydrauliques antérieures, notamment celles développées dans le cadre du projet Mionjo. La réalisation actuelle s'inscrit ainsi dans une succession d'investissements et de travaux engagés à différentes périodes.
Le président de la Refondation entend désormais aller plus loin. Un projet de dessalement de l'eau de mer est prévu à Tsirangoty, à environ sept kilomètres d'Ambovombe. Les équipements devraient être installés à partir de novembre, avec une première production attendue début 2027. L'installation vise une capacité de 1 500 m³ par jour, susceptible de bénéficier à 75 000 personnes.
En marge de l'inauguration, Michaël Randrianirina a également abordé les difficultés d'approvisionnement en électricité. Des groupes électrogènes d'une puissance annoncée de 1 mégawatt ont été remis aux responsables locaux, auxquels il a fixé une semaine pour résoudre les perturbations.
Les travaux du stade d'Andambalo et du marché de Berary devraient, quant à eux, commencer en novembre. Une enveloppe de 30 millions d'ariary a également été attribuée pour soutenir les initiatives de solidarité à Ambovombe.
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