SENEGAL-SOCIETE-JUSTICE
Dakar, 19 oct (APS) – Le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Moussa Sarr, a indiqué, lundi, que près de 90 % des points du protocole d’accord signé le 7 août 2025 entre l’État et les syndicats des travailleurs de la justice ont été exécutés, assurant que les discussions se poursuivent pour lever le dernier point de désaccord relatif aux modalités de reclassement.
‘’On peut quasiment dire que 90 % des points du protocole ont été exécutés. Il ne reste que cet aspect-là ‘’, a-t-il déclaré lors d’un point de presse du gouvernement consacré au climat social national.
Le protocole d’accord conclu avec le Syndicat des travailleurs de la justice (SYTJUST) et l’Union nationale des travailleurs de la justice (UNTJ) vise à mettre en œuvre les dispositions du décret n° 2019-575 du 5 février 2019 portant réorganisation des corps et des carrières des travailleurs de la justice.
Selon le ministre, 546 agents ont suivi une formation de six mois au Centre de formation judiciaire, entre décembre 2025 et mai 2026.
‘’À l’issue de cette formation, les participants ont été évalués, ont obtenu leurs diplômes et attestations’’, a-t-il précisé.
Moussa Sarr a rappelé que les premières réunions de suivi du protocole se sont tenues les 12 juin et 23 juillet 2026, sous la conduite conjointe des ministres chargés de la Justice et de la Fonction publique, à la suite d’une première rencontre de cadrage et d’une demande des syndicats.
Ces concertations, a-t-il ajouté, ont notamment permis de convenir de la mise en place d’un guichet unique destiné à centraliser les dossiers de reclassement des travailleurs concernés, afin d’accélérer le traitement administratif des demandes.
‘’Le ministère chargé de la Fonction publique a également accepté de régulariser les avancements des agents concernés jusqu’en 2026, qu’ils résultent de l’ancienneté ou d’un avancement automatique’’, a indiqué le garde des Sceaux.
Selon le ministre, des simulations salariales réalisées dans le cadre de ces discussions ont par ailleurs fait ressortir une réévaluation significative des rémunérations, avec un gain minimal annoncé de 200 000 francs CFA.
Le ministre a ajouté que le principal point de désaccord porte désormais sur les modalités de reclassement. Alors que l’administration propose un reclassement sur la base de l’indice égal ou immédiatement supérieur, conformément aux règles et pratiques administratives en vigueur, les syndicats souhaitent que les travailleurs concernés conservent leurs grades actuels.
Le ministre estime qu’une telle mesure pourrait créer un précédent susceptible d’être invoqué par d’autres catégories de fonctionnaires.
Les organisations syndicales maintiennent toutefois leur proposition, considérant qu’elle relève de la négociation sociale.
Moussa Sarr a souligné que les syndicats avaient suspendu les discussions afin de consulter leur base avant de revenir maintenir leur position.
Tout en reconnaissant la persistance de ce point d’achoppement, il a salué le climat social dans le secteur de la justice, où les négociations se poursuivent sans déclenchement d’une nouvelle grève dans le cadre de ce processus.
Il a réaffirmé la disponibilité du gouvernement à poursuivre le dialogue, exprimant l’espoir qu’un compromis puisse être trouvé dans les prochaines semaines afin de parvenir à l’exécution intégrale du protocole d’accord.
‘’Nous restons ouverts au dialogue et à la discussion‘’, a-t-il assuré.
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