Koushmalee Ramkoosalsing-Tour célèbre cette année les 17 ans de sa rémission du cancer du sein. Entourée par sa famille, Nayegee Auguste a surmonté les moments les plus difficiles de la maladie.
Deux femmes, deux parcours, un même combat. Comment traverser le cancer du sein, puiser la force de continuer et réapprendre à vivre pleinement ? Koushmalee Ramkoosalsing-Tour et Nayegee Auguste témoignent.
Koushmalee Ramkoosalsing-Tour : « Je célèbre la vie ! »
Tenir deux ans. C’était l’objectif qu’elle s’était fixé au début. Cinq ans, ensuite. Dix-sept années se sont désormais écoulées. « Je ne me contente pas de vivre, je célèbre la vie ! » affirme Koushmalee Ramkoosalsing-Tour, qui a découvert son cancer du sein en 2009.
Aujourd’hui, elle travaille et mène de nombreux projets. Ses quatre petits-enfants lui apportent une immense joie. Mais derrière cette volonté de savourer chaque instant demeure la crainte d’une récidive. « La moindre douleur inhabituelle peut faire ressurgir l’angoisse », avoue-t-elle.
Une peur difficile à expliquer à ceux qui ne l’ont pas vécue. Car survivre au cancer, ce n’est pas seulement traverser les traitements : c’est aussi apprendre à vivre avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête, tout en essayant de savourer chaque jour comme un cadeau précieux.
C’est presque par hasard que Koushmalee découvre la maladie. À l’époque, elle accompagne sa fille de 18 ans à l’hôpital pour une mammographie. Une infirmière lui remet alors une brochure expliquant comment pratiquer l’autopalpation des seins. De retour chez elle, elle suit les instructions et découvre une grosseur dans son sein droit.
Une consultation médicale, suivie d’une biopsie, confirme ses craintes : elle est atteinte d’un cancer du sein. Une mastectomie lui est recommandée. « Ce fut un véritable choc. En un instant, tout semblait basculer. » Au-delà de la peur de mourir, une autre angoisse la tourmente : celle de ne pas voir ses deux enfants grandir. « L’idée de devoir les quitter avant d’avoir pu les accompagner davantage dans la vie me brisait le cœur. »
Les années suivantes sont marquées par des traitements éprouvants : chimiothérapie, radiothérapie et prise de médicaments. La perte de ses cheveux, les effets de la radiothérapie sur sa peau et les transformations de son corps constituent autant d’épreuves. À la souffrance physique s’ajoute le regard des autres. Certaines questions indiscrètes la blessent profondément : « Comment fais-tu avec un seul sein ? » ou encore « Comment ton mari le vit-il ? ». Mais Koushmalee refuse de se laisser diminuer par ces remarques.
Pour elle, la féminité ne se résume pas à une partie du corps. « Une femme reste une femme, avec ou sans ses seins. Perdre un sein ne signifie pas perdre sa féminité. »
Dans ce parcours difficile, elle peut compter sur le soutien de sa famille. Un souvenir reste particulièrement gravé dans sa mémoire. Après une séance de chimiothérapie, alors qu’elle est affaiblie par les nausées et les vertiges, son fils lui apporte une pizza et s’installe sur son lit pour la faire manger. « Ce geste, qui peut sembler tout simple, représentait tellement d’amour, de tendresse et d’attention », raconte-t-elle avec émotion.
Sa foi chrétienne joue également un rôle central dans sa reconstruction. Elle lui permet de conserver espoir et confiance malgré les incertitudes.
En ce mois d’Octobre Rose, Koushmalee encourage les femmes à ne pas négliger le dépistage et à suivre les conseils de leur équipe médicale. À celles qui traversent actuellement la maladie, elle adresse un message d’espoir : « Accrochez-vous à la vie, faites-vous accompagner et croyez en la possibilité de jours meilleurs. »
Nayegee Auguste : « N’ayez pas peur, gardez courage »
« Dieu m’a accordé une seconde chance. Je regarde l’avenir la tête haute, le cœur rempli de gratitude. » Pour Nayegee Auguste, 55 ans, ces mots résument un parcours marqué par la peur, les traitements éprouvants et le soutien indéfectible de ses proches. Aujourd’hui, elle a repris le travail et profite pleinement de chaque instant. Mais quelques mois plus tôt, son quotidien basculait avec l’annonce d’un cancer du sein.
Tout commence en avril dernier. En pratiquant une autopalpation, Nayegee découvre une grosseur au niveau de sa poitrine. Sa fille l’encourage alors à consulter un spécialiste. Le 9 avril, alors qu’elle se trouve sur son lieu de travail, dans une école privée, sa fille la contacte pour lui confirmer le diagnostic : un cancer du sein. « En entendant ce mot, ‘cancer’, mes larmes ont coulé sans s’arrêter. On entend cela et, soudainement, c’est la peur absolue qui vous envahit, comme si la mort venait frapper à votre porte », raconte-t-elle.
Dans ces premiers instants de détresse, elle trouve du réconfort auprès de sa patronne et de ses collègues. Elle est ensuite reçue par le Dr Goutham Gandham, oncologue à AEGLE Cancer Hospital, qui lui confirme le diagnostic avec humanité. Commence alors un parcours difficile, marqué par les séances de chimiothérapie, les vomissements, la fatigue intense et la perte de ses cheveux.
Certains jours, Nayegee peine même à s’alimenter. « Il y avait des jours où je n’avais plus aucune force. Rien ne passait, à peine un peu de jus ou un biscuit. Je regardais droit devant moi, désemparée, me demandant : ‘Mon Dieu, qu’est-ce qui va m’arriver ? Est-ce que je vais m’en sortir ? Pour moi, la vie est finie...’ » confie-t-elle.
Elle subit ensuite une tumorectomie conservatrice accompagnée d’un curage ganglionnaire, pratiquée par le Dr Kiran Kumar Devarakonda, chirurgien oncologue à AEGLE Cancer Hospital. À la veille de l’opération, les paroles rassurantes du spécialiste restent gravées dans sa mémoire : « Everything will be all right. »
Tout au long de son traitement, elle bénéficie également de l’accompagnement du Dr Vikramsingh Kimcurran, oncologue clinique, notamment pour la radiothérapie. Elle exprime sa reconnaissance envers l’anesthésiste, les infirmiers, l’ensemble de l’équipe soignante et même les cuisiniers de l’établissement. Leur présence quotidienne et leur humanité l’ont aidée à surmonter ses peurs.
Mais c’est surtout auprès de sa famille que Nayegee trouve la force de poursuivre son combat. Son mari, ses filles, dont l’une vit au Canada, et son petit-fils Ayman, bientôt âgé de quatre ans, occupent une place essentielle dans son parcours. Elle se souvient particulièrement du jour où, après avoir perdu ses cheveux, son petit-fils lui a adressé quelques mots qui l’ont profondément touchée : « Mamie, tu es jolie ! Je veux me couper les cheveux comme toi ! » « Ces mots, sortis de la bouche d’un enfant, ont été un baume inestimable sur mon cœur blessé. Sans cet entourage formidable, sans cet amour puissant, on ne peut pas s’en sortir », souligne-t-elle.
En septembre, après des examens, son médecin lui annonce la nouvelle qu’elle attendait tant : il n’y a plus rien. La maladie a reculé. Une immense émotion l’envahit. Elle pleure de joie et partage ce soulagement avec sa famille. Plus récemment, après ses séances de radiothérapie, elle a sonné la cloche, un moment symbolique marquant pour elle le début d’une nouvelle vie.
Cette épreuve a changé son regard sur la vie et l’incite à encourager les femmes à prendre soin de leur santé. « N’ayez pas peur. Faites-vous dépister chaque année. Le cancer du sein se soigne, surtout lorsqu’il est pris à temps. Gardez courage », lance-t-elle.
