Les épreuves de Cambridge annulées le 13 octobre 2026 ne seront pas reprogrammées. Les candidats concernés recevront des « Assessed Grades », selon un communiqué du Mauritius Examinations Syndicate (MES) publié jeudi 22 octobre. Comment fonctionne cette méthode et pourquoi suscite-t-elle des réserves ? Décryptage.
Quelle décision a été annoncée ?
Cambridge International Education a décidé de ne pas reprogrammer les épreuves qui n’avaient pu se tenir le 13 octobre en raison des troubles dans le pays.
Les résultats correspondants seront attribués selon le système des « Assessed Grades », soit des notes évaluées. Cette méthode a déjà été utilisée dans des circonstances exceptionnelles, notamment durant la pandémie de Covid-19.
Quelles épreuves sont concernées ?
Au School Certificate (SC), trois épreuves sont concernées : Biology (Alternative to Practical), Biology (Practical Test) et Physical Education.
Au Higher School Certificate (HSC), cinq épreuves sont touchées : History, Economics, Mathematics (Pure Mathematics 2), Mathematics (Mechanics) et Mathematics (Probability & Statistics 2).
Le communiqué concerne les composantes des examens IGCSE, SC, HSC, GCE Ordinary Level, Advanced Level et Advanced Subsidiary Level touchées par cette annulation.
Comment la note sera-t-elle calculée ?
Cambridge analyse les résultats obtenus par le candidat aux épreuves qu’il a effectivement passées, puis les compare à ceux des autres candidats.
L’organisme examine ensuite les performances à l’épreuve manquée de candidats ayant obtenu des résultats comparables aux autres épreuves. Cette comparaison permet d’attribuer une note évaluée pour la composante annulée.
Celle-ci est ensuite intégrée aux résultats réellement obtenus pour établir la note finale.
Quelles garanties le MES avance-t-il ?
Dans son communiqué, le MES assure que les candidats concernés ne seront pas pénalisés. Il affirme également que l’équité entre les candidats et l’intégrité des qualifications seront préservées.
Des sources proches du dossier présentent cette méthode comme la solution la plus équitable dans les circonstances.
Pourquoi certains professionnels de l’éducation émettent-ils des réserves ?
L’ancien recteur et enseignant de mathématiques Soondress Sawmynaden estime qu’une note établie par des méthodes statistiques reste une estimation et ne reflète pas nécessairement la performance qu’aurait réalisée l’élève à l’épreuve annulée.
Selon lui, certains candidats comptaient sur ces questionnaires pour améliorer leur résultat global. Il craint donc que la méthode avantage certains élèves et en désavantage d’autres.
Pourquoi la question des bourses est-elle soulevée ?
Un enseignant du secondaire, cité sous couvert d’anonymat, souligne que de très faibles écarts de points peuvent départager les candidats aux bourses du HSC.
Il estime que des élèves particulièrement performants dans certaines composantes pourraient être désavantagés par leur annulation. Il évoque le recours à un questionnaire de remplacement, appelé « Contingency Paper », comme solution qui aurait pu être envisagée. Il s’agit de sa position, et non d’une option annoncée par Cambridge.
Que dit l’ancienne directrice du MES ?
Brenda Thanacoody estime que les discussions auraient dû être menées séparément pour le SC et le HSC, matière par matière. Selon elle, la décision de reprogrammer les examens ou d’adopter une autre mesure aurait dû être négociée avant son annonce aux candidats.
Elle rappelle qu’à l’occasion d’inondations, certaines épreuves du HSC avaient été reprogrammées, tandis que des candidats au SC avaient reçu des « assessed marks » en anglais. Elle souligne l’importance d’une collaboration étroite entre le ministère de l’Éducation, le MES et Cambridge.
Retrouvez l’intégralité de cet article dans Le Défi Quotidien
