À dix ans, Andoo Bibi Wardah distingue certains objets à moins d’un mètre. Pour ses parents, chaque nouvelle baisse de sa vision ravive la même inquiétude : celle de la voir perdre davantage la vue. Ils espèrent désormais qu’une prise en charge spécialisée en Inde pourra améliorer son quotidien, mais les Rs 381 800 nécessaires dépassent leurs moyens. Pour financer cette démarche, ils lancent un appel à la solidarité du public.
L’histoire de Wardah commence par une naissance prématurée. Elle éprouve alors des difficultés à respirer seule et bénéficie d’une assistance respiratoire pendant environ 24 heures. Elle passe ensuite une douzaine de jours en unité néonatale avant de rentrer à la maison. Quelques jours plus tard, ses parents remarquent une tache jaune sur l’un de ses yeux. Les examens révèlent une cataracte qui nécessite une intervention chirurgicale.
L’opération est suivie d’autres interventions et consultations. Selon ses parents, Wardah se retrouve finalement sans lentille dans l’un de ses yeux. La famille apprend qu’une nouvelle opération pourrait être envisagée lorsqu’elle aura environ huit ans, afin de lui poser une lentille.
En 2024, un médecin venu de l’étranger examine la fillette. Il explique à ses parents, selon leur récit, qu’une nouvelle intervention ne permettrait pas alors d’améliorer significativement sa vision. Wardah parvient encore à distinguer certains objets à environ quatre mètres avec un seul œil.
Puis vient octobre 2025. Alors qu’elle joue, elle se blesse accidentellement à l’œil droit avec sa main. Ses proches l’emmènent immédiatement à l’hôpital. Le médecin leur indique que l’œil semble aller bien, rapportent-ils. Mais au rendez-vous de suivi, ses parents constatent que sa vision a encore diminué. Désormais, elle ne distingue les objets qu’à moins d’un mètre.
Selon sa famille, Wardah souffre d’une atrophie du nerf optique. Ses parents souhaitent la faire examiner au Sight Avenue Eye Hospital, à Delhi, sous la supervision du Dr Suraj Munjal. Ils savent que cette prise en charge ne garantit pas une guérison, mais espèrent qu’elle permettra d’améliorer sa vision et de gagner en autonomie.
« Mo dernie lespwar, se ki so vizion ameliore. Mo anvi mo tifi kapav debrouy par limem, san ki li bizin touletan ena enn kikenn akote li », confie sa mère. Derrière ces mots, une aspiration : voir sa fille apprendre, se déplacer et accomplir les gestes du quotidien avec moins de difficultés.
Mais les moyens financiers de la famille constituent un obstacle. Le père de Wardah n’a pas d’emploi stable et accepte des petits boulots lorsqu’il en trouve. Sa mère, qui travaillait dans un établissement de restauration rapide, a dû arrêter de travailler pour faire face à la situation familiale. Avec deux enfants à charge et des revenus irréguliers, le couple ne peut réunir seul les Rs 381 800 nécessaires à la prise en charge envisagée.
La perspective que sa fille perde davantage la vue est difficile à supporter. « Mo leker fermal kan mo mazine ki mo tifi kapav perdi so lizie », confie-t-elle. Face à l’incertitude, elle s’accroche à l’espoir que les soins en Inde puissent changer quelque chose pour Wardah. « Tou dan Allah so desizion. Mo priye pou ki Li fer seki meyer pou mo tifi. Nou pa kone ki pou arive dimin, me nou bizin gard lespwar. »
