À Dakar, le Front syndical pour la défense des travailleurs (FSDT) appelle à manifester le 20 octobre, puis à observer trois jours de grève générale à partir du 21, alors que le Sénégal s’apprête à accueillir les Jeux olympiques de la Jeunesse (JOJ).
Le collectif rassemble treize syndicats issus de l’éducation, de la santé, de l’enseignement supérieur et de l’électricité. Son mouvement, annoncé pour les 21, 22 et 23 octobre dans les secteurs public, parapublic et privé, intervient à quelques jours de l’ouverture des JOJ, organisés du 31 octobre au 13 novembre, avec environ 2 700 athlètes attendus.
Le ministère de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du Service public juge le mot d’ordre illicite, au motif qu’il repose sur un préavis unique adressé au ministère. Cette contestation de procédure s’inscrit dans un conflit plus large : les syndicats dénoncent depuis plusieurs mois l’adoption des nouveaux Codes du travail et de la Sécurité sociale sans concertation préalable.
Le gouvernement a appelé les centrales à privilégier la concertation. Selon Jeune Afrique, le ministre de la Fonction publique et du Travail, Mamadou Lamine Dianté, a demandé au FSDT de renoncer à son mot d’ordre, affirmant que l’exécutif était disposé à discuter des préoccupations des travailleurs. L’AFP rapporte également la réaction du ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Bacary Sarr, qui a invité les syndicats à poursuivre le dialogue.
Les revendications portent notamment sur l’application d’accords visant les conditions de travail, la revalorisation des pensions et le report de 60 à 65 ans de l’âge obligatoire de départ à la retraite. Le FSDT demande aussi le paiement de primes et la généralisation de l’indemnité de logement, fixée à 100 000 F CFA. La mobilisation s’inscrit dans une série de mouvements syndicaux : le syndicat des travailleurs des Grands Trains du Sénégal avait déjà rejoint la grève générale du 10 juillet.
Les tensions pourraient aussi toucher la couverture des JOJ. À la RTS, les agents ont annoncé une grève de trois jours, du 31 octobre au 2 novembre, en plein milieu des Jeux. Ils dénoncent notamment la gestion de la direction et l’absence, selon eux, d’application de leur accord d’entreprise.
Le 15 octobre, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô avait proposé aux syndicats un moratoire de trois mois sur les grèves.
