Mario Armel et Patricia, tout sourire à l’église, lors de leur mariage religieux célébré le 13 avril 2026.
De ses débuts sur scène à 13 ans à ses 150 chansons, le chanteur a traversé les décennies sans renoncer à sa passion ni à celle qui partage sa vie depuis plus d’une trentaine d’années.
«Elle est la femme de ma vie. Je veux continuer à vivre à ses côtés. Pour Patricia, j’ai combattu un cancer, et aujourd’hui, je combats deux tumeurs. » À 79 ans, Mario Armel résume en quelques mots les épreuves de santé qui ont marqué son parcours et la place qu’occupe son épouse dans sa vie.
Hospitalisé depuis le mercredi précédant cet entretien, le chanteur fait face à une tumeur signalée au niveau de la vésicule biliaire. Sa nature exacte et le diagnostic restent à confirmer. Cette nouvelle inquiétude survient près de vingt ans après un cancer du côlon qui avait bouleversé son existence en 2006.
« Lorsque j’ai appris que j’avais un cancer du côlon, j’étais effondré. On ne s’attend jamais à entendre une telle nouvelle. On pense à sa vie, à sa famille, à sa femme et à ses enfants. On se demande ce qui va se passer », confie-t-il. Une opération avait alors été nécessaire.
Dans cette période difficile, Patricia, ses enfants et ses proches l’avaient soutenu. « Patricia était à mes côtés. Elle m’a soutenu lorsque j’avais peur et que je me posais beaucoup de questions. Je savais que je n’étais pas seul. Cela compte énormément lorsqu’on traverse une épreuve pareille », souligne-t-il.
Aujourd’hui, alors qu’il doit faire face à de nouvelles inquiétudes, le chanteur mesure une fois encore l’importance de ses proches. « Quand on traverse une maladie, on comprend que l’on ne peut pas tout contrôler. Il faut faire confiance aux médecins et avancer étape par étape. Mais savoir que les personnes que l’on aime sont là aide à trouver du courage. »
Un « oui » à l’église, trente ans après leur mariage civil
Seize ans séparent les deux époux. Le 13 avril 2026, ils ont choisi de s’unir religieusement, trente ans après leur mariage civil célébré le 13 avril 1996. « Après toutes ces années, nous sommes toujours ensemble. Patricia est la femme de ma vie. Nous avons vécu tellement de choses côte à côte. Ce mariage religieux était important pour nous. C’était une façon de renouveler notre engagement et de célébrer notre amour », confie Mario Armel.
Leurs enfants ont tenu à marquer l’occasion. « Ils nous ont offert notre lune de miel. Cela me touche énormément. Ils ont voulu nous faire plaisir et nous permettre de profiter d’un moment à deux. Après toutes ces années, partager cela avec Patricia est quelque chose de très spécial », raconte-t-il.
Leur rencontre se déroule dans le milieu de la danse et du spectacle. Mario Armel a 34 ans lorsqu’il fait la connaissance de Patricia, alors âgée de 18 ans. Veuf, il est déjà père de trois enfants. Patricia participe à des concours de danse. Séduit par son potentiel, Mario lui propose de travailler au sein de sa société de production.
Leur relation commence dans un cadre professionnel avant de se transformer progressivement en amitié, puis en histoire d’amour. « Nous avons commencé à nous connaître et une relation de confiance s’est installée. J’ai appris à apprécier sa personnalité », raconte-t-il.
Mario Armel finit par lui proposer de partager sa vie. « Je voulais construire quelque chose avec elle. Je ne cherchais pas simplement une relation passagère. Je voulais fonder une famille et avancer avec une personne sur laquelle je pourrais compter. Avec Patricia, une complicité s’est installée et s’est renforcée avec les années. »
Patricia est née le 14 juin, le lendemain de l’anniversaire de Mario. Cette coïncidence est l’un des petits détails qui accompagnent leur histoire commune. Professeure d’aérobic, elle mène sa propre activité tout en partageant une partie de l’univers artistique de Mario. Au fil des années, elle a connu les exigences de sa carrière, ses absences liées aux spectacles et les responsabilités d’une vie familiale. « Patricia est mon soutien. Elle est présente dans les bons moments comme dans les mauvais. Parfois, il n’est même pas nécessaire de parler. Il suffit de savoir que l’autre est là. Je peux compter sur elle et cela me donne énormément de force », confie-t-il.
Deux enfants sont nés de leur union, portant à cinq le nombre d’enfants de Mario Armel : quatre fils et une fille. « Une vie de couple demande des efforts. Il y a les responsabilités, les enfants, le travail et les problèmes du quotidien. Il faut apprendre à se parler et à se soutenir. C’est ce que nous avons essayé de faire », dit-il.
Aujourd’hui, deux de ses fils ont choisi de suivre ses traces dans la musique, une passion qui accompagne le chanteur depuis l’adolescence. « Je suis fier de mes enfants. Chacun doit trouver sa voie, mais je suis heureux que deux de mes fils aient choisi la musique. Je sais que ce métier demande beaucoup de travail, de patience et de sacrifices. Je les encourage à avancer, tout en restant eux-mêmes et en faisant les choses sérieusement. »
À 13 ans, il force la porte de la scène
La passion de Mario Armel pour la musique remonte à son enfance. Il grandit à Port-Louis dans un environnement où les mélodies occupent une place importante. Son père fait partie de la Police Band, sa mère joue du piano et son grand-père maternel enseigne la musique. Mais c’est à l’âge de 13 ans qu’il découvre véritablement la scène. Sa sœur aînée, alors âgée de 18 ans, doit se produire au cinéma Novelty, à Curepipe. Le jeune Mario veut lui aussi chanter devant le public. « J’ai demandé qu’on me laisse une chance, mais au début, on ne voulait pas vraiment. J’ai insisté et j’ai pleuré. Finalement, on m’a laissé chanter », se souvient-il.
Il interprète alors « I Know That Somebody » et garde de cette première expérience une image vive. « Je voulais simplement chanter. Je ne savais pas que cette occasion allait m’ouvrir la porte vers une carrière aussi longue. Cela m’a appris qu’il faut parfois insister pour obtenir une chance. Quand on a un rêve, il faut essayer de le réaliser. »
Cette détermination accompagne ses premiers pas dans le métier. Il apprend, multiplie les expériences et poursuit parallèlement une activité professionnelle comme typographe dans plusieurs imprimeries. La musique finit par prendre une place majeure dans son existence, le conduisant à se produire devant des publics variés et à développer un répertoire personnel.
Au fil des décennies, Mario Armel construit une carrière qui dépasse les frontières du séga traditionnel. Il explore différents genres, s’intéresse aux sonorités internationales et cherche à faire dialoguer les styles musicaux. Son répertoire compte plus de 150 chansons. Parmi les titres associés à son parcours figurent notamment « Anita My Love », « Maria Teresa », « Zoubeda » et « Cari Poson ». Il participe également à des projets qui associent musique et inclusion, comme « Monde agité », réalisé avec une dimension liée au langage des signes en collaboration avec Josian Zoïle.
La scène lui permet de voyager en Afrique, en Amérique, en Asie et en Australie. « La musique m’a permis de découvrir le monde. J’ai rencontré des personnes extraordinaires et j’ai eu la chance de partager mes chansons avec des publics différents. Quand je voyage, je reste Mauricien. Je suis heureux de pouvoir faire découvrir notre musique et notre culture à travers ce que je fais. »
S’il apprécie particulièrement Frank Sinatra et les chansons des années 1960 et 1970, il demeure curieux des nouvelles technologies. L’intelligence artificielle fait désormais partie des outils auxquels il s’intéresse lorsqu’il travaille sur ses textes. « Le monde évolue. Il faut rester curieux et apprendre. Lorsque j’écris des paroles, je peux utiliser l’intelligence artificielle pour obtenir des suggestions et explorer d’autres possibilités. Mes enfants m’aident aussi à comprendre certains outils. Mais il faut garder sa personnalité et savoir ce que l’on veut exprimer. »
À 79 ans, le chanteur doit désormais affronter une nouvelle épreuve. L’issue de ce combat reste inconnue. Mais une chose est sûre : sa vie, il ne l’envisage pas sans Patricia. « J’ai envie de vivre et de continuer à partager des moments avec elle. Nous avons encore des choses à vivre ensemble. Après toutes ces années, je ne considère pas notre histoire comme terminée. Chaque journée passée auprès de Patricia est précieuse. »
