La conférence « (Re)lire Léoville L’Homme », revisitant la trajectoire de ce journaliste, poète et chroniqueur, a eu lieu hier, jeudi 22 octobre.
Du mercredi 21 au samedi 24 octobre, l’Institut français de Maurice accueille la deuxième édition du Festival Nou Leritaz. Porté par Les Productions Culturelles Actives, cet événement offre une immersion au cœur du patrimoine mauricien à travers projections, ateliers, conférences et concerts de séga.
Défendre une vision profondément humaine de la culture, faire circuler les savoirs, provoquer les rencontres, relier les générations et jeter des ponts entre les îles : telle est la ligne directrice de ce rendez-vous d’octobre.
« Le Festival Nou Leritaz a pour but de promouvoir le patrimoine culturel, qui englobe la musique, la littérature, ainsi que le patrimoine matériel et immatériel », souligne Yuri Bordelais, cofondateur de Les Productions Culturelles Actives.
Les festivités ont débuté le mercredi 21 octobre avec la projection du film documentaire De l’Est au Sud, réalisé par Leslie Athanas. Mêlant histoire, géographie et récits intimes, l’œuvre fait dialoguer les paysages de Maurice avec les mémoires silencieuses qu’ils abritent, invitant le spectateur à une traversée sensible des lieux et des pierres de l’île.
Le jeudi 22 octobre a mis la langue maternelle à l’honneur grâce à une dictée en créole mauricien animée par l’enseignante Cloé Edouard. La séance s’est conclue par une correction interactive sur place, permettant d’expliciter les règles d’écriture, l’étymologie des mots et les nuances lexicales. Dans l’après-midi, l’autrice Shenaz Patel a mené la conférence « (Re)lire Léoville L’Homme », revisitant la trajectoire de ce journaliste, poète et chroniqueur. La voix de celui-ci s’était estompée avec le temps. Elle a mis en avant son rôle précurseur dans l’écriture du destin mauricien par les lettres.
La programmation se poursuit dans la journée de ce vendredi 23 octobre dès 9 heures 30 avec une séance de De l’Est au Sud dédiée aux scolaires. À 19 heures, place à l’histoire de la radio lors de la conférence « 100 ans ! La mémoire des ondes », présentée par Ritvik Neerbun. Cette rencontre reviendra sur l’épopée radiophonique née en août 1927 grâce à Charles Jollivet, figure pionnière des transmissions locales. Elle s’appuiera sur les recherches menées en 1994 et 1995 pour faire revivre un siècle d’archives sonores et visuelles de la radio de service public.
Le point culminant du festival est prévu dans la soirée de ce samedi 24 octobre à 19 heures avec le concert « Leritaz Ritmik Cassambo ». Fidèle à l’authenticité sans fard du séga lakour, la soirée sera animée par Zenerasion Cassambo — enfants et petits-enfants de la lignée —, qui perpétue l’œuvre brute au rythme de la ravanne initiée jadis par Loïs Cassambo et sa nièce. La scène rendra un hommage vibrant à Josiane Kasambo, affectueusement appelée Ma’Vo, figure tutélaire de Petite-Rivière, ancienne voix des Zenfan Ti Rivière et autrice du morceau emblématique Tangale, décédée le mercredi 10 juin dernier à l’âge de 86 ans. Le spectacle fera également écho à la Nuit du Séga du 24 octobre 1964, date historique de légitimation de ce genre musical dans l’île.
Les projections et conférences sont en accès libre, tandis que les places pour le concert de clôture sont proposées à Rs 850.
