Après sept ans d’interruption, la 18ᵉ édition de la Foire internationale du livre et du matériel didactique de Dakar (FILDAK) remet au cœur du débat la souveraineté culturelle, la transmission des savoirs et l’avenir du livre à l’ère du numérique. À cette occasion, le chef du gouvernement, Mouhamed Al Amine Lô, qui présidait la cérémonie d’ouverture, a réaffirmé son engagement à réaliser la Bibliothèque nationale et la Maison des archives, deux projets structurants pour la préservation de la mémoire nationale.
À l’entame de son discours, le Premier ministre Lô a fait remarquer que « la 18ᵉ édition de la Foire internationale du livre et du matériel didactique de Dakar s’est ouverte dans un contexte marqué par la disparition récente de l’éminent écrivain sénégalais Cheikh Hamidou Kane, auteur des œuvres majeures L’Aventure ambiguë et Les Gardiens du temple ».
Au nom du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, le représentant du chef de l’État a rendu hommage à cette grande figure de la littérature africaine, dont l’œuvre a contribué à éveiller le goût de la lecture et à nourrir l’imaginaire de plusieurs générations. Il a également présenté les condoléances de la République à la famille du défunt et à l’ensemble de la nation sénégalaise.
Placée sous le thème « Bibliothèque, transmission souveraine », cette édition marque le retour d’un rendez-vous majeur pour les professionnels du livre, les écrivains, les éditeurs, les chercheurs et les acteurs du système éducatif.
« Au cœur de cette édition, la question de la souveraineté culturelle et intellectuelle s’impose comme un enjeu stratégique. Pour les autorités, il ne s’agit pas seulement de conserver des ouvrages, mais aussi de préserver les savoirs, les mémoires et les imaginaires qui fondent l’identité d’un peuple », a déclaré le Premier ministre.
La bibliothèque apparaît ainsi comme un instrument essentiel de transmission et d’émancipation, permettant aux nations de raconter leur propre histoire et de contribuer au dialogue universel des connaissances à partir de leurs références culturelles.
Al Amine Lô a expliqué que « cette ambition prend une dimension particulière avec le développement du numérique et de l’intelligence artificielle. Si ces technologies facilitent l’accès au savoir et favorisent les échanges entre les cultures, elles soulèvent également des interrogations sur la fiabilité des sources, l’authenticité des œuvres et la place de la créativité humaine ».
Face à ces défis, le chef du gouvernement a indiqué que son équipe privilégiait « une approche fondée sur la maîtrise des outils technologiques, sans renoncer à l’esprit critique et au discernement ». Il a également souligné que l’éducation devait permettre aux jeunes de tirer profit des innovations tout en préservant leur autonomie intellectuelle.
L’une des annonces majeures de cette cérémonie concerne la réalisation de la Bibliothèque nationale et de la Maison des archives. Le représentant du chef de l’État a ainsi réaffirmé « l’engagement du président Bassirou Diomaye Faye à faire aboutir ces deux projets, présentés comme indispensables à la préservation et à la valorisation du patrimoine documentaire sénégalais ».
Selon le Premier ministre Lô, « des instructions ont déjà été données au ministre chargé de la Culture pour engager la structuration des deux projets ». Il a également indiqué que le foncier nécessaire était disponible, une information confirmée lors de la cérémonie par le ministre concerné.
« La Bibliothèque nationale et la Maison des archives seront réalisées, inchallah », a-t-il assuré, appelant le département de la Culture à accélérer le travail préparatoire afin de concrétiser cette ambition.
