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Dakar, 16 oct (APS) – La faible représentation de l’Afrique au Conseil d’administration du FMI constitue un obstacle majeur pour le continent, a estimé Désiré Assogbavi, conseiller en plaidoyer à Open Society Foundations, plaidant pour que cette question figure parmi les résultats attendus des Assemblées annuelles 2026 du Fonds monétaire international (FMI) et du Groupe de la Banque mondiale.
‘’Au FMI, les droits de vote dépendent largement des quotes-parts qui reflètent la position économique des pays plutôt que leur population. C’est ce qui explique l’écart entre le poids démographique de l’Afrique et ses droits de vote au FMI et cette sous-représentation constitue un obstacle majeur’’, a-t-il indiqué dans d’une interview accordée à l’APS.
Les 54 pays d’Afrique ne détenant qu’environ 6,5 % des droits de vote au sein du FMI illustre ”un déséquilibre profond’’ entre le poids humain du continent et son pouvoir institutionnel.
‘’La promesse d’une meilleure représentation, à travers une révision des droits de vote en 2028 et des mesures concrètes, est l’un des résultats attendus” des ces Assemblées annuelles, qui se déroulent actuellement (12-18 octobre 2026), à Bangkok, en Thaïlande, a-t-il fait savoir.
Désiré Assogbavi y participe avec l’équipe d’Open Society Foundations chargée de la justice économique et du financement du développement.
Le conseiller en plaidoyer a souligné que les pays africains sont ‘’directement’’ concernés par les décisions sur la dette, les financements et les conditions des programmes, mais disposent de ‘’peu de poids pour les orienter’’.
Il reconnait toutefois que la réforme ‘’est d’autant plus difficile’’ que les changements de quotes-parts exigent une majorité de 85 % des droits de vote.
‘’Mais cela n’est pas notre seul problème. L’influence dépend aussi de notre capacité à préparer des positions communes, à produire une expertise solide et à construire des alliances’’, a souligné Désiré Assogbavi pour qui, une Afrique qui négocie de ‘’manière dispersée’’ ‘’utilise mal’’ le poids dont elle dispose déjà.
Il suggère donc d’agir sur les deux fronts, à savoir l’obtention d’une ‘’redistribution réelle du pouvoir’’ au FMI et un ”renforcement de la coordination” entre les pays africains.
‘’Nous devons pouvoir peser sur les règles avant qu’elles ne deviennent les conditions de financement de nos pays’’, a-t-il exhorté insistant sur un autre point : la reconnaissance des besoins de développement comme de véritables nécessités.
D’après le conseiller en plaidoyer, le nouveau cadre d’analyse de la dette devrait donner aux gouvernements une ‘’réelle marge de manœuvre’’ pour financer la santé, l’éducation et l’adaptation au changement climatique.
Evoquant des travaux récents de la Conférence des Nations-Unies sur le commerce et le développement, il a rappelé que, dans de nombreux pays en développement, les seuls intérêts de la dette publique dépassent les dépenses de santé ou celles d’éducation.
‘’Le constat est donc alarmant : des ressources indispensables au développement sont absorbées avant même le remboursement du capital. On ne sortira pas de cette situation en demandant uniquement aux populations de se serrer davantage la ceinture’’, a-t-il dit.
Selon Désiré Assogbavi, la solution consiste pour les Etats africains à ‘’agir simultanément’’ sur la dette, les recettes publiques et la capacité de production.
MFD/ABB
