Le Sénégal a mobilisé 55 milliards de FCFA sur le marché régional des titres publics, dépassant de 5 milliards son objectif initial. L’opération s’est tenue le vendredi 23 octobre 2026.
La levée de fonds a suscité 69,37 milliards de FCFA d’offres, soit une couverture de 138,75 % du montant recherché. Le Trésor a retenu 55 milliards et écarté environ 14,37 milliards de propositions. Le taux d’absorption s’est établi à 79,28 %.
Des rendements supérieurs à 8 %
Les conditions diffèrent selon les échéances. Le bon du Trésor à 364 jours a rapporté 18,505 milliards de FCFA, avec un rendement moyen pondéré de 8,06 %. Son remboursement est prévu en octobre 2027.
L’obligation à trois ans a attiré 474 millions de FCFA, à un rendement moyen de 8,01 %, et arrivera à échéance le 26 octobre 2029. Les titres à cinq ans ont concentré l’essentiel des souscriptions : 36,021 milliards de FCFA ont été retenus, avec un rendement moyen pondéré de 8,24 %. Leur échéance est fixée au 26 octobre 2031.
Les résultats détaillés publiés par UMOA-Titres, présentés dans le compte rendu d’Africactu, distinguent ces rendements des coupons annuels des obligations. Le rendement reflète le coût effectif des fonds obtenus à l’adjudication.
Deux opérations en octobre
Le 9 octobre 2026, le Sénégal avait déjà levé environ 74,38 milliards de FCFA, pour un objectif de 80 milliards. Les offres avaient atteint 84,4 milliards, correspondant à un taux de couverture de 105,51 %. En additionnant les deux opérations, le montant mobilisé en octobre approche 129,4 milliards de FCFA.
Ces émissions s’inscrivent dans un besoin de financement soutenu. Pour 2026, le Trésor s’est fixé un objectif annuel de mobilisation de 4 132 milliards de FCFA, dans un contexte de tensions budgétaires et de suspension du programme avec le Fonds monétaire international. En mars, l’État avait déjà levé 100 milliards de FCFA en bons du Trésor à 364 jours sur le marché régional ; il s’agissait de sa 11e intervention sur cette maturité. La répétition des adjudications permet de mobiliser des liquidités, mais elle expose aussi le budget au coût des emprunts et à leur remboursement.
La pression sur la trésorerie avait été particulièrement mise en évidence par le calendrier de la dette : Mouhamed Fall Al Amine estimait que le service de la dette devait atteindre environ 1 200 milliards de FCFA entre juin et juillet, avec 582 milliards à honorer en juin puis 633 milliards en juillet. Ces échéances concentrées expliquent l’enjeu de l’accès régulier au marché, sans effacer le coût des financements obtenus.
Les titres publics permettent à l’État de financer ses besoins de trésorerie et, notamment, ses dépenses budgétaires ou le refinancement d’engagements arrivant à échéance. Ils entraînent aussi des remboursements et des paiements d’intérêts. Les rendements supérieurs à 8 % observés lors de l’adjudication peuvent, s’ils se maintiennent, accroître les charges financières de l’État.
Les obligations à trois ans portent un coupon annuel de 6,30 %.
