Vingt kilomètres séparent Ndiaganiao des sites où se tiendront les Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) de Dakar. Bassirou Diomaye Faye fait de cette proximité un contraste avec son enfance : il suivait les Jeux de Barcelone en 1992 sur une petite télévision en noir et blanc.
Le président présente les JOJ de Dakar 2026 comme un rendez-vous qui rapprochera les jeunes Sénégalais de l’olympisme. Le Sénégal a obtenu l’organisation le 8 octobre 2018, lors de la 133e session du Comité international olympique à Buenos Aires. Le compte à rebours a alors commencé, avant que la pandémie de Covid-19 ne repousse les Jeux, initialement prévus pour 2022. Pour le pays, l’enjeu ne se limite donc pas aux équipements : il s’agit aussi de transformer cette longue préparation en occasions durables pour les jeunes et l’économie locale.
Dans son entretien exclusif publié par PressAfrik, Bassirou Diomaye Faye rappelle que la continuité de l’État a permis au pays de tenir l’engagement pris. Face aux interrogations sur les dépenses engagées pendant une période d’ajustement, il souligne qu’une partie du financement provient du Comité international olympique et de partenaires internationaux. Il cite aussi les équipements qui resteront après les Jeux, dont le stade de Diamniadio et la piscine olympique, ainsi que les jeunes formés à l’organisation d’un événement mondial et les entreprises sénégalaises ayant obtenu des marchés. Ces retombées matérielles et professionnelles donnent une première mesure de l’héritage, mais l’ambition affichée suppose que les bénéfices dépassent les seuls sites de compétition.
Le chef de l’État détaille trois objectifs : renforcer la capacité de Dakar à accueillir des compétitions internationales, faire du sport une activité économique créatrice de métiers et d’emplois, et donner davantage de place à l’Afrique dans l’olympisme. Il rappelle que ces Jeux sont les premiers organisés sur le continent et évoque la présidence du Comité international olympique par une Africaine, championne olympique du Zimbabwe. La portée historique de l’événement dépendra aussi de la capacité à faire vivre ces objectifs au-delà de la cérémonie de clôture.
Il cite notamment les enfants de Guédiawaye, qui pourront voir des jeunes venus de deux cents pays. En 1991, à Tokyo, Mike Powell avait pris à Carl Lewis le record du monde du saut en longueur.
