Plusieurs responsables de l’opposition sénégalaise contestent la conduite des commissions d’enquête parlementaires liées à Pastef et à son leader, Ousmane Sonko. Leurs critiques portent notamment sur les dossiers de l’ASER et des fonds spéciaux.
L’offensive contre Ousmane Sonko s’est exprimée dans des prises de position distinctes. Thierno Bocoum, président d’AGIR-Les Leaders, estime que Pastef privilégie désormais les séquences politiques et les polémiques. Dans une tribune relayée par Xibaaru, il oppose le projet de transformation du Sénégal à ce qu’il décrit comme une production de récits destinés à mobiliser les militants.
Le député de l’APR Abdou Mbow accuse Sonko de faire de l’Assemblée nationale un « tribunal personnel ». À propos des 37 milliards de FCFA liés à l’ASER, il soutient que le Parlement doit s’abstenir lorsque la justice est saisie. Il critique aussi le périmètre de l’enquête sur les fonds spéciaux, qui couvre selon lui la période 2012-2021.
Aminata Touré, coordinatrice de la coalition Kiiraay et envoyée spéciale du chef de l’État, a rappelé que la Cour des Comptes et l’Inspection Générale d’État sont, selon elle, habilitées à contrôler l’utilisation de l’argent public. Elle a également interrogé la capacité des députés à mener des audits financiers et demandé : « Qui va enquêter sur les enquêteurs ? »
Le président du Parti pour le grand Sénégal, Doudou Ka, qualifie la situation de « coup d’État parlementaire » et affirme que l’Assemblée fonctionne dans l’illégalité depuis le 26 mai 2026. Il appelle les opposants à boycotter les travaux parlementaires et à demander la dissolution de l’Assemblée, avec des législatives anticipées en 2027.
Thierno Alassane Sall, député de République des Valeurs, accuse pour sa part Pastef d’avoir changé de position sur les enquêtes concernant le dossier ASER/AEE Power et l’application de l’article 53 du règlement intérieur. Il indique avoir déposé une plainte le 16 octobre 2025.
