SENEGAL-ENVIRONNEMENT-PERSPECTIVES
Dakar, 19 oct (APS) – Le Sénégal a procédé lundi au lancement officiel de son référentiel sur la taxonomie verte, un document dont l’ambition est de promouvoir un modèle économique et de développement durable compatible avec les écosystèmes du pays.
“C’est un acte symbolique qui marque l’option de l’Etat du Sénégal de promouvoir un modèle économique et de développement compatible avec nos écosystèmes, à travers l’élaboration de ce document sur la taxonomie verte concernant les secteurs prioritaires du développement national”, a déclaré Aliou Gori Diouf, ministre de l’Environnement et de la Transition écologique.
Il a souligné la volonté des pouvoirs publics d’aboutir à une économie qui crée non seulement de la richesse mais protège l’intégrité des écosystèmes du pays.
La taxonomie verte est présentée comme un système national de classification des activités économiques en fonction de leur contribution à la transition écologique et au développement durable.
“Ce n’est pas de la mode, nous ne copions pas, nous ne mimons pas, c’est un processus fondé sur les priorités nationales. Donc, c’est la conviction que nous ne pouvons pas nous développer en dégradant nos écosystèmes”, a indiqué M. Diouf.
Il a insisté sur la nécessité de trouver un équilibre entre le modèle de développement et la préservation des écosystèmes, “principale motivation” du Sénégal dans le processus ayant débuté il y a trois ans, débouchant sur l’élaboration de ce document.
Le travail a été mené conjointement avec le ministère de l’Économie, des Finances et du Plan, avec l’accompagnement de la coopération allemande et de l’Union européenne, a-t-on signalé.

“Nous sommes aujourd’hui à la fin d’une étape et au début d’une nouvelle. Il s’agit maintenant de nous acheminer vers la phase la plus importante qui est la mise en œuvre de ce document”, a fait savoir le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique.
En se dotant d’un cadre respectant les normes internationales, tout en reflétant “la réalité locale”, le Sénégal compte parmi les premiers pays à franchir ce cap en Afrique, a-t-il ajouté.
“La taxonomie verte s’inscrit aussi dans la Vision Sénégal 2050 pour une économie diversifiée, compétitive, souveraine et résiliente”, a souligné Aliou Gori Diouf.
Ce document servant de référentiel est divisé en trois parties portant sur l’atténuation du changement climatique, l’adaptation et la résilience au changement climatique.
La taxonomie verte couvre six secteurs prioritaires, à savoir l’énergie, l’agriculture, l’industrie, l’eau et l’assainissement, les transports et la construction.
“Le Sénégal demeure fortement exposé aux risques climatiques tels que les inondations, la sécheresse et l’érosion côtière qui fragilisent des secteurs vitaux de notre économie, notamment l’agriculture, l’énergie, le tourisme et les infrastructures”, a noté Bassirou Sarr, ministre chargé du Budget.
Selon lui, dans ce contexte, la transition écologique représente “un enjeu” de mobilisation d’investissements de capitaux et de gestion efficace des ressources.
“Et dans sa contribution déterminée au niveau international, notre pays a estimé à environ 13 milliards de dollars (environ 760 milliards de francs CFA) d’ici 2030, les ressources à mobiliser pour les mesures d’atténuation et d’adaptation au changement climatique”, a signalé M. Sarr.
A l’en croire, c’est la raison pour laquelle le ministère de l’Économie, des Finances et du Plan s’est engagé depuis 2023 “à bâtir étape par étape un écosystème de finance durable et solide”.
MFD/BK
