SENEGAL-AFRIQUE-SOCIETE-PLAIDOYER
Dakar, 14 oct (APS) – Le ministre congolais des Droits humains, Samuel Mbemba Kabuya, a appelé à renforcer la lutte contre l’impunité des auteurs de violences sexuelles liées aux conflits.
S’exprimant lors d’une rencontre de haut niveau organisée par l’ambassade de la République démocratique du Congo (RDC) au Sénégal, mardi, il a également appelé à améliorer la protection des survivantes et des enfants nés de violences sexuelles liées aux conflits.
Des diplomates, des représentants d’institutions internationales et des membres de la société civile ont pris part à cette rencontre consacrée au renforcement de la coopération internationale contre les violences sexuelles liées aux conflits.
Elle se tenait en marge de la 89e session ordinaire de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), qui se tient actuellement à Dakar (12-21 octobre).
“La lutte contre l’impunité passe par le renforcement de nos lois, la formation de nos magistrats, de nos policiers et de nos militaires, ainsi que l’utilisation systématique du protocole international pour que les preuves tiennent devant les tribunaux”, a-t-il déclaré.
Samuel Mbemba Kabuya a insisté sur la protection des enfants nés de ces violences, estimant qu’ils ne doivent pas subir les conséquences de tels crimes.
“Ces enfants sont des innocents, ils ne sauraient être tenus responsables des crimes commis contre leur mère”, a-t-il affirmé.
Le ministre a plaidé pour la création d’un secrétariat permanent de l’Alliance internationale pour la prévention des violences sexuelles liées aux conflits (PSVI), afin d’assurer la continuité de ses activités, de renforcer la coordination entre les États membres et de mieux suivre leurs engagements.
Il a également invité les États à désigner des points focaux nationaux et à prendre des engagements mesurables, tout en appelant les partenaires internationaux à soutenir cette initiative et à financer les programmes de réintégration des victimes.
Intervenant à la même rencontre, Chantal Yelu Mulop, conseillère et coordinatrice du Service spécialisé du chef de l’État congolais, a souligné la nécessité de placer les survivantes et les survivants au centre des politiques de prévention et de prise en charge.
Elle a notamment relevé les difficultés rencontrées par les enfants nés de violences sexuelles, citant la stigmatisation, le rejet familial et social, ainsi que les obstacles à l’accès à l’identité juridique, à l’éducation et aux soins.
Mme Mulop a plaidé pour une prise en charge globale et durable des victimes, reposant sur l’accès à la justice, aux soins, à la réparation et à des mécanismes favorisant leur autonomie économique.
“Il est nécessaire de rendre les dispositifs d’alerte accessibles et confidentiels, afin de permettre aux victimes de solliciter de l’aide en toute sécurité”, a-t-elle insisté.
Selon conseillère et coordinatrice du Service spécialisé du chef de l’État congolais, la participation des victimes aux décisions “doit contribuer concrètement à la définition des priorités, à l’amélioration des services et à l’évaluation des résultats.”
Cette rencontre de haut niveau s’inscrit dans le cadre de la coprésidence assurée en 2026 par la RDC et l’Ukraine au sein de l’Alliance internationale pour la prévention des violences sexuelles liées aux conflits.
À travers cette responsabilité, la RDC entend renforcer la coordination internationale, lutter contre l’impunité et garantir aux victimes un accès effectif à la justice, à la réparation et aux services de protection.
AN/BK
