Leevy Frivet dénonce les préjudices subis après son arrestation dans l’affaire Moustass Leaks.
Arrêté dans l’affaire des « Moustass Leaks » en novembre 2024, Leevy Frivet réclame Rs 8,715 millions au commissaire de police et à l’État. Dans une plainte déposée en Cour suprême, il conteste son arrestation et dénonce des préjudices financiers et moraux.
Ancien journaliste et conseiller au ministère du Travail et des Relations industrielles, Leevy Jimmitry Frivet a déposé une plainte le 12 octobre 2026 devant la Cour suprême. Il estime que son arrestation, survenue le 1er novembre 2024 dans le cadre de l’affaire des « Moustass Leaks », était injustifiée. Il réclame Rs 8 715 000 de dommages-intérêts au commissaire de police (CP) et à l’État, invoquant des préjudices financiers, moraux et sociaux.
Le 1er novembre 2024, vers 7 heures, Leevy Frivet affirme avoir été arrêté par des officiers de la Central Criminal Investigation Division (CCID) dans le cadre de l’enquête sur la diffusion de vidéos et d’enregistrements connus sous le nom de « Moustass Leaks ». Il soutient avoir ensuite été détenu au centre de détention de Moka.
Deux accusations provisoires sont alors retenues contre lui devant la Bail and Remand Court (BRC). La première concerne l’utilisation présumée d’un faux profil sur une plateforme médiatique dans le but de causer du tort, en violation alléguée de l’article 16 du Cybersecurity and Cybercrime Act de 2021.
La seconde porte sur une participation présumée à des actes liés au terrorisme, notamment par l’accès intentionnel à un réseau informatique et l’atteinte à la vie privée de citoyens, en vertu de dispositions du Prevention of Terrorism Act et du Cybersecurity and Cybercrime Act.
Il dénonce une « faute lourde »
Le 4 novembre 2024, la première accusation provisoire est rayée devant la BRC et Leevy Frivet est libéré sous caution. La seconde est rayée le 30 décembre 2024 devant le tribunal de Port-Louis.
Dans sa plainte, Leevy Frivet affirme n’avoir participé ni à la réalisation, ni à la publication, ni à la diffusion des vidéos incriminées. Il estime que son arrestation était injustifiée et reproche aux enquêteurs de ne pas avoir procédé à des vérifications suffisamment approfondies avant son interpellation.
Il allègue une « faute lourde » de la part du commissaire de police et met également en cause la responsabilité de l’État. Selon lui, cette affaire a eu des répercussions sur sa situation financière, sa réputation et sa vie sociale. Il indique notamment avoir dû fournir une caution bancaire de Rs 80 000, montant qu’il précise avoir récupéré par la suite.
Son parcours
Journaliste de 2000 à 2014, Leevy Frivet a collaboré avec plusieurs médias locaux et internationaux, dont BBC Africa, Focus Africa et l’agence Xinhua. Il a également été conseiller au ministère du Travail et des Relations industrielles, puis au bureau du Premier ministre, où il a exercé pendant trois mois en 2017.
Ancien candidat du Reform Party aux élections générales de 2019 dans la circonscription n° 1 (Grande-Rivière-Nord-Ouest et Port-Louis-Ouest), il a dirigé, entre 2023 et 2024, la communication de One Moris, formation politique fondée par Sherry Singh, ancien Chief Executive Officer de Mauritius Telecom (MT). Titulaire d’un diplôme de droit de l’Université de Northumbria, au Royaume-Uni, il exerce actuellement en tant que consultant-coordinateur en développement des affaires au sein d’un cabinet juridique.
Le 10 septembre 2026, il avait adressé une mise en demeure au commissaire de police et à l’État, réclamant initialement Rs 8 795 000. Faute de réponse, il a engagé une procédure devant la Cour suprême, réclamant cette fois Rs 8 715 000 de dommages-intérêts.
L’affaire sera appelée le 5 novembre 2026. Leevy Frivet est représenté par Mes Jean-Claude Bibi et Aïcha Monsoor.
