SÉNÉGAL-ECONOMIE-ÉNERGIE
Dakar, 25 oct (APS) – Le Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Lo, a justifié dimanche la prise en charge budgétaire d’une partie du choc pétrolier et le renforcement des transferts sociaux par la nécessité de protéger le pouvoir d’achat des ménages sénégalais, particulièrement les plus vulnérables.
”On ne supprime pas des subventions. On les réoriente vers les couches vulnérables (…) On ne subventionnera plus des produits. On va subventionner des personnes‘’, a-t-il déclaré en marge d’une conférence de presse consacrée au projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026, rejeté en commission à l’Assemblée nationale.
Le chef du gouvernement a expliqué que la hausse des cours internationaux du pétrole avait entraîné des besoins supplémentaires de financement pour l’État.
‘’Nous avions provisionné un baril à 69 dollars, nous sommes à plus de 100 dollars. Quand on faisait le loi de finances initiale, qui pouvait prédire que les Etats-Unis et Israël lanceraient une guerre contre l’Iran en fin février 2026? ‘’, s’est interrogé Ahmadou Al Aminou Lo.
Il a indiqué que l’Exécutif avait dû choisir entre une répercussion plus importante de la hausse des coûts énergétiques sur les consommateurs et une prise en charge par le budget de l’État.
‘’Nous n’avons pas fait passer le choc pétrolier sur les Sénégalais‘’, a-t-il soutenu, défendant le recours aux subventions pour limiter les conséquences de cette hausse sur les ménages.
Ahmadou Al Aminou Lo a également défendu l’augmentation des ressources consacrées aux bourses de sécurité familiale.
Selon les chiffres avancés lors de son intervention, ‘’leur enveloppe est passée de 35 milliards de francs CFA à 70 milliards en 2026, avec une projection de 142 milliards en 2027.’’
Il a expliqué que cette hausse devait accompagner l’élargissement de la couverture sociale et une meilleure prise en charge des ménages vulnérables.
Le Premier ministre a souligné que les arbitrages budgétaires devaient permettre de concilier la protection du pouvoir d’achat, le financement des investissements publics et la continuité des services essentiels.
Il a également insisté sur la nécessité d’améliorer le ciblage des aides sociales afin que les ressources publiques profitent prioritairement aux populations qui en ont le plus besoin.
Le chef du gouvernement a enfin plaidé pour la mise en place de mécanismes permettant au Sénégal de mieux amortir les chocs économiques et énergétiques, tout en préservant les finances publiques.
Il a présenté ces mesures comme une réponse aux contraintes conjoncturelles, sans remise en cause des orientations de la politique sociale du gouvernement.
AN/MTN
