Tahiti, le 22 octobre 2026 - Alors que 5 209 articles contrefaits ont été saisis en 2025, les services des douanes de Polynésie française s'attendent à une nouvelle année record en 2026 et constatent une “explosion de l'offre”. Les commerçants rappellent de leur côté que ce fléau crée un “manque à gagner” pour le Pays.
Bijoux, maroquinerie, jouets pour enfants, vêtements siglés des plus grandes marques de luxe : tous les jours, les membres du bureau de douane de Faa’a Fret (qui gère le fret aérien, postal et express) saisissent des articles contrefaits destinés tant à des particuliers qu'à des commerçants qui revendent les produits sur le territoire. Si l'on évoque souvent les services des douanes dans la multitude d'affaires de trafic de stupéfiants, ils agissent également de manière plus silencieuse dans de nombreux domaines dont la lutte contre les contrefaçons dont le commerce a explosé ces dernières années au Fenua avec une domination dans le secteur du fret express. Les autres flux sont le fret aérien et maritime et les flux de voyageurs. Les produits proviennent principalement d'Asie, mais aussi d'Inde, des États-Unis et de la métropole.
Ainsi, entre 2022 et 2026, le nombre de constatations (une constatation pouvant être considérée comme une affaire dans laquelle des centaines d'articles peuvent être saisies) est passé de 37 à 89, soit une augmentation de 141 %. Selon l'adjoint du directeur régional en charge de la lutte contre la fraude et la criminalité organisée, Thomas Daguin, les douanes s'attendent à une nouvelle année “record” car le volume d'articles interceptés a explosé entre 2022 et 2024 (passant de 1 138 à 5 646 objets) avant de se stabiliser à un niveau très élevé avec 5 209 articles en 2025 et 4 995 à ce jour et alors que l'année 2026 n'est pas encore terminée.
Une question de santé publique
Dans le service, mercredi matin, les douaniers ont saisi un carton rempli de contrefaçons de vêtements d'une grande marque de luxe et une fausse montre de luxe dont le prix sur le marché est de 3,6 millions de francs. S'il suffit de regarder les vêtements pour s'apercevoir qu'il s'agit de contrefaçons – les étiquettes siglées sont grossièrement cousues – les membres de la brigade constatent cependant que les contrefaçons sont de mieux en mieux réalisées et rappellent qu'elles constituent aussi un danger pour la santé publique. Ainsi, lors d'une récente saisie de ballons gonflables, les douaniers ont pu constater la présence de solvants chimiques qui a provoqué des réactions physiques chez eux.
Pour saisir ces objets, les douanes se heurtent cependant à un vide juridique : pour que la saisie soit régulière, la marque concernée doit avoir enregistré ses droits (Inpi) et surtout avoir étendu sa demande d'intervention à la Polynésie française. C'est le cas du porte-parole de la Fédération générale du commerce et propriétaire d'une franchise de la marque Lacoste, Guy Loussan. S'il a obtenu ladite demande d'intervention, le commerçant déplore l'augmentation des contrefaçons : “Il faut savoir que Lacoste ainsi que d'autres marques de luxe sont hyper copiées dans le monde entier et c'est un phénomène nouveau chez moi. Depuis quelque temps, il y a énormément de contrefaçons qui arrivent dans le pays. Ce sont des produits qui viennent souvent de Chine, mais ces produits-là peuvent venir aussi de Turquie ou du Maghreb.” Guy Loussan relève également qu'il s'agit d'un manque à gagner pour le Pays et, bien évidemment, pour les commerçants. Cette année, les douaniers ont ainsi saisi 1 200 vêtements contrefaits portant le sigle de la marque qu'il commercialise.
Des produits de “piètre qualité”
Outre cet aspect économique, la contrefaçon représente aussi un “danger pour la sécurité de tous”, rappelle Thomas Daguin : “La lutte contre la contrefaçon en Polynésie française ne se résume pas à la défense de grandes marques de luxe. C'est avant tout une mission de protection essentielle qui vise à préserver nos entreprises locales de la concurrence déloyale, mais aussi et surtout à garantir la santé et la sécurité des usagers.”
L'adjoint du directeur régional en charge de la lutte contre la fraude et la criminalité organisée insiste également sur le fait qu'acheter une contrefaçon n'est jamais une “bonne affaire” : “Derrière de prétendues bonnes affaires en ligne ou sur des marchés étrangers, l'usager acquiert un produit de piètre qualité fabriqué sans aucune norme. Contrairement aux filières officielles soumises à des réglementations strictes, la fabrication clandestine utilise des composants au rabais. Les textiles contrefaits peuvent ainsi retenir des résidus de solvants de filage, des colorants azoïques ou du formaldéhyde. Au contact de la peau et de la transpiration, ces substances chimiques provoquent des allergies sévères (eczéma, dermites), tandis que les solvants résiduels dégagent des odeurs toxiques irritantes pour les voies respiratoires. En achetant du faux, on engraisse des réseaux de fraude tout en mettant directement en péril sa santé et en s'exposant à de lourdes amendes.”
Bijoux, maroquinerie, jouets pour enfants, vêtements siglés des plus grandes marques de luxe : tous les jours, les membres du bureau de douane de Faa’a Fret (qui gère le fret aérien, postal et express) saisissent des articles contrefaits destinés tant à des particuliers qu'à des commerçants qui revendent les produits sur le territoire. Si l'on évoque souvent les services des douanes dans la multitude d'affaires de trafic de stupéfiants, ils agissent également de manière plus silencieuse dans de nombreux domaines dont la lutte contre les contrefaçons dont le commerce a explosé ces dernières années au Fenua avec une domination dans le secteur du fret express. Les autres flux sont le fret aérien et maritime et les flux de voyageurs. Les produits proviennent principalement d'Asie, mais aussi d'Inde, des États-Unis et de la métropole.
Ainsi, entre 2022 et 2026, le nombre de constatations (une constatation pouvant être considérée comme une affaire dans laquelle des centaines d'articles peuvent être saisies) est passé de 37 à 89, soit une augmentation de 141 %. Selon l'adjoint du directeur régional en charge de la lutte contre la fraude et la criminalité organisée, Thomas Daguin, les douanes s'attendent à une nouvelle année “record” car le volume d'articles interceptés a explosé entre 2022 et 2024 (passant de 1 138 à 5 646 objets) avant de se stabiliser à un niveau très élevé avec 5 209 articles en 2025 et 4 995 à ce jour et alors que l'année 2026 n'est pas encore terminée.
Une question de santé publique
Dans le service, mercredi matin, les douaniers ont saisi un carton rempli de contrefaçons de vêtements d'une grande marque de luxe et une fausse montre de luxe dont le prix sur le marché est de 3,6 millions de francs. S'il suffit de regarder les vêtements pour s'apercevoir qu'il s'agit de contrefaçons – les étiquettes siglées sont grossièrement cousues – les membres de la brigade constatent cependant que les contrefaçons sont de mieux en mieux réalisées et rappellent qu'elles constituent aussi un danger pour la santé publique. Ainsi, lors d'une récente saisie de ballons gonflables, les douaniers ont pu constater la présence de solvants chimiques qui a provoqué des réactions physiques chez eux.
Pour saisir ces objets, les douanes se heurtent cependant à un vide juridique : pour que la saisie soit régulière, la marque concernée doit avoir enregistré ses droits (Inpi) et surtout avoir étendu sa demande d'intervention à la Polynésie française. C'est le cas du porte-parole de la Fédération générale du commerce et propriétaire d'une franchise de la marque Lacoste, Guy Loussan. S'il a obtenu ladite demande d'intervention, le commerçant déplore l'augmentation des contrefaçons : “Il faut savoir que Lacoste ainsi que d'autres marques de luxe sont hyper copiées dans le monde entier et c'est un phénomène nouveau chez moi. Depuis quelque temps, il y a énormément de contrefaçons qui arrivent dans le pays. Ce sont des produits qui viennent souvent de Chine, mais ces produits-là peuvent venir aussi de Turquie ou du Maghreb.” Guy Loussan relève également qu'il s'agit d'un manque à gagner pour le Pays et, bien évidemment, pour les commerçants. Cette année, les douaniers ont ainsi saisi 1 200 vêtements contrefaits portant le sigle de la marque qu'il commercialise.
Des produits de “piètre qualité”
Outre cet aspect économique, la contrefaçon représente aussi un “danger pour la sécurité de tous”, rappelle Thomas Daguin : “La lutte contre la contrefaçon en Polynésie française ne se résume pas à la défense de grandes marques de luxe. C'est avant tout une mission de protection essentielle qui vise à préserver nos entreprises locales de la concurrence déloyale, mais aussi et surtout à garantir la santé et la sécurité des usagers.”
L'adjoint du directeur régional en charge de la lutte contre la fraude et la criminalité organisée insiste également sur le fait qu'acheter une contrefaçon n'est jamais une “bonne affaire” : “Derrière de prétendues bonnes affaires en ligne ou sur des marchés étrangers, l'usager acquiert un produit de piètre qualité fabriqué sans aucune norme. Contrairement aux filières officielles soumises à des réglementations strictes, la fabrication clandestine utilise des composants au rabais. Les textiles contrefaits peuvent ainsi retenir des résidus de solvants de filage, des colorants azoïques ou du formaldéhyde. Au contact de la peau et de la transpiration, ces substances chimiques provoquent des allergies sévères (eczéma, dermites), tandis que les solvants résiduels dégagent des odeurs toxiques irritantes pour les voies respiratoires. En achetant du faux, on engraisse des réseaux de fraude tout en mettant directement en péril sa santé et en s'exposant à de lourdes amendes.”
La peine encourue
La contrebande de marchandises prohibées est punie de trois ans d'emprisonnement et d'une amende égale à deux fois la valeur de l'objet de fraude (portée à dix ans en cas de bande organisée) en vertu du Code des douanes. Des sanctions du Code la propriété intellectuelle peuvent également être appliquées si les marques saisissent la justice.
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