Les deux invités sur le plateau, le ministre Arvin Boolell et le père Jean-Patrick Polydor, aux côtés de Jane Lutchmaya, sur Radio Plus.
Comment ramener la sérénité dans un pays secoué par des tensions sociales et des actes de violence ? Dans « Au Cœur de l’Info » du mercredi 14 octobre, les intervenants ont appelé au calme, tout en soulignant la nécessité de répondre aux frustrations de la population et aux inégalités persistantes.
Les récents incidents qui ont secoué plusieurs régions du pays ont alimenté les discussions dans l’émission « Au Cœur de l’Info », animée par Jane Lutchmaya sur Radio Plus hier, mercredi 14 octobre. Le ministre de l’Agro-industrie, Arvin Boolell, le père Jean-Patrick Polydor, l’anthropologue Dr Jonathan Ravat et l’observateur politique Jean-Claude de L’Estrac ont livré leurs analyses sur les moyens de rétablir la confiance et la paix sociale.
Pour Arvin Boolell, les violences ne doivent pas faire oublier les difficultés auxquelles sont confrontées certaines catégories de la population. Il a notamment évoqué les jeunes de milieux défavorisés, confrontés à des problèmes d’éducation, de formation et d’insertion professionnelle. Le ministre a également mis en garde contre l’instrumentalisation de certains jeunes par des réseaux impliqués dans des activités illicites, notamment le trafic de drogue.
Il a insisté sur la nécessité de renforcer la justice sociale et de permettre à chaque jeune de développer son potentiel. Selon lui, les difficultés actuelles exigent une analyse approfondie des problèmes structurels, notamment dans les régions défavorisées.
Le père Jean-Patrick Polydor, pour sa part, a invité les autorités et l’ensemble de la société à faire preuve d’humilité. Il a reconnu l’existence d’une colère grandissante, alimentée notamment par le coût de la vie, les difficultés d’approvisionnement en eau et plusieurs événements récents.
« Cependant, la colère ne peut pas justifier la violence »,a-t-il fait observer, tout en appelant à écouter davantage les souffrances de la population. Pour lui, cette responsabilité incombe aussi bien au gouvernement qu’aux institutions religieuses et aux associations caritatives.
De son côté, Jean-Claude de L’Estrac a insisté sur la nécessité de distinguer les revendications légitimes des actes de vandalisme. Il a notamment évoqué les difficultés d’approvisionnement en eau qui persistent depuis plusieurs décennies dans certains quartiers. L’observateur politique a estimé que les appels au calme, bien que nécessaires, ne suffiront pas à résoudre la crise. « Il faut des mesures précises et concrètes », a-t-il avancé. Il a notamment proposé la mise en place d’une aide financière directe et ciblée en faveur des ménages les plus vulnérables, sur le modèle de dispositifs appliqués à l’étranger.
Réagissant à ces propositions, Arvin Boolell a reconnu la nécessité d’agir sur les causes profondes, notamment l’accès à l’eau, les difficultés économiques et l’insécurité liée à la drogue. Il a toutefois rappelé les contraintes économiques auxquelles le gouvernement doit faire face. Au-delà des divergences, les intervenants se sont accordés sur un point : le retour à la sérénité nécessite non seulement de condamner la violence, mais aussi de s’attaquer aux causes profondes du malaise social.
- L’intégralité de l’émission est à retrouver sur les différentes plateformes du Défi Media Group.
