Pour les 21, 22 et 23 octobre 2026, les centrales syndicales ont annoncé une grève générale couvrant les secteurs public, parapublic et privé. Le ministère de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du Service public estime que le mot d’ordre est illicite, car il repose sur un seul préavis adressé au ministère.
Ce bras de fer procédural s’inscrit dans un conflit plus large autour des nouveaux Codes du travail et de la Sécurité sociale. Les syndicats dénoncent depuis plusieurs mois une adoption menée sans concertation préalable : le Front syndical pour la défense du travail (FSDT) avait déjà annoncé une grève générale le 10 juillet pour contester cette démarche. Depuis, les deux textes ont été promulgués le 3 septembre sous les lois n°2026-18 et n°2026-19, puis publiés au Journal officiel le 18 septembre. Leur entrée en vigueur n’a donc pas éteint la contestation ; le FSDT a également décrété 72 heures de grève.
Le ministère conteste le préavis unique de grève, qui, selon lui, ne peut servir de base légale à un mouvement dans ces trois secteurs. Cette position, rapportée par PressAfrik, s’appuie sur des procédures différentes selon les travailleurs concernés. La contestation des syndicats porte, elle, sur le processus ayant conduit à l’adoption des Codes : les deux désaccords alimentent désormais la même confrontation entre le gouvernement et les organisations syndicales.
Dans le privé et le parapublic, le Code du travail prévoit que le différend soit notifié à l’Inspecteur du travail et de la sécurité sociale ou au Directeur général, selon le ressort. Un préavis de trente jours peut ensuite être adressé à la direction de l’entreprise en cas d’échec ou de conciliation partielle. Pour les fonctionnaires, le ministère rappelle qu’un délai d’un mois doit suivre la notification d’un préavis écrit indiquant les motifs et la durée de la grève. Les agents des collectivités territoriales notifient, eux, le président du conseil départemental ou le maire.
Le ministère affirme qu’une grève menée sans respecter ces formalités expose les travailleurs à des retenues sur salaire pour les jours non travaillés et à des sanctions disciplinaires. Il mentionne également une possible perte du droit aux indemnités et dommages-intérêts prévus en cas de rupture du contrat de travail.
Dans le secteur public de l’Éducation et de la Formation, le ministère affirme qu’aucun préavis écrit n’a été déposé depuis la signature du protocole d’accord du 16 avril 2026.
