Des navires de pêche venus d’Europe et surtout d’Asie sont enregistrés sous pavillon sénégalais alors que leurs véritables propriétaires restent parfois difficiles à identifier. Les sociétés mixtes et les montages de propriété sont au cœur d’une enquête menée à Dakar, Mbour et Saint-Louis sur un trimestre.
La pêche représente 3,2 % du produit intérieur brut du Sénégal et fournit 70 % des protéines animales consommées. Au quai du Môle 10, à Dakar, Mbor Ngom reconnaît les navires, mais dit ne pas toujours pouvoir identifier leurs détenteurs sans consulter les documents. Fort de 37 ans d’expérience dans les navires industriels, il explique qu’il faut examiner l’entreprise, son capital, ses dirigeants et ceux qui contrôlent l’activité, au-delà du nom du bateau ou de son pavillon ; ce témoignage est rapporté par Le Soleil.
Le samedi 15 août 2026, Mbor Ngom, âgé de 62 ans, désignait une unité amarrée au Môle 10. De nombreux bateaux visibles sur le quai sont officiellement détenus par des Sénégalais, mais certains acteurs interrogés évoquent des montages pouvant faire intervenir des prête-noms.
Selon ces interlocuteurs, de tels prête-noms pourraient permettre à des navires de pays sans accord de pêche avec le Sénégal d’accéder à ses eaux malgré les restrictions qui leur sont applicables.
