Dans une tribune intitulée « Halwar, Dinguiraye, Ségou : nous sommes les enfants d’un même fleuve », Dr Samba Faye, porte-parole du parti La République des Valeurs et membre du Cercle des cadres de RV (CECAR), s’insurge contre les discours hostiles aux ressortissants guinéens établis au Sénégal. Il appelle à combattre les fraudes à l’état civil sans stigmatiser toute une communauté, tout en rappelant les liens historiques, culturels et économiques entre les deux pays.
« J’écris avec une colère sourde et une tristesse profonde », confie M. Faye, qui dit éprouver de la honte face aux images de Guinéens exposés sur les réseaux sociaux, insultés et parfois menacés. Pour lui, ces comportements sont en contradiction avec la tradition d’hospitalité du Sénégal, souvent résumée par le concept de « Téranga ».
Pour illustrer cette communauté de destin, Dr Samba Faye évoque la trajectoire d’El Hadji Oumar Foutiyou Tall, né à Halwar, dans le Fouta Toro, et dont le parcours historique l’a conduit notamment à Dinguiraye, en Guinée, puis à Ségou, au Mali.
« Personne ne peut raconter sa vie en s’arrêtant à une frontière », souligne-t-il, estimant que les frontières actuelles ne doivent pas effacer les liens historiques entre les peuples.
Sur la question des faux papiers, le porte-parole de La République des Valeurs ne nie pas l’existence de fraudes. Il rappelle notamment les révélations de la presse sur des réseaux présumés de falsification de documents d’état civil.
Mais il invite à rechercher les responsabilités à tous les niveaux, notamment au sein de l’administration.
« Un étranger qui achète un papier achète ce que quelqu’un, chez nous, a accepté de vendre », écrit-il, appelant à sanctionner les agents publics impliqués dans ces pratiques.
Dr Samba Faye dénonce également ce qu’il considère comme un traitement différencié entre les Sénégalais confrontés aux difficultés administratives à l’étranger et les ressortissants étrangers vivant au Sénégal.
« Devant le droit, ils ont tort tous les deux. Aucun des deux ne mérite la haine », affirme-t-il, plaidant pour une réponse fondée sur le droit plutôt que sur le rejet collectif.
Le cadre de la République des Valeurs rappelle par ailleurs le poids de la diaspora sénégalaise dans l’économie nationale et la contribution des immigrés à l’activité économique du pays.
Selon lui, les Sénégalais vivant à l’étranger sont eux-mêmes confrontés à des discours hostiles à l’immigration, ce qui devrait inciter le pays à davantage de retenue envers les communautés étrangères établies sur son territoire.
En dernière analyse, Dr Samba Faye préconise une lutte ciblée contre les réseaux de fraude, des sanctions contre les complices au sein de l’administration et des procédures plus accessibles pour les titres de séjour et la naturalisation.
Il appelle aussi l’État à clarifier sa position afin qu’aucun ressortissant guinéen ne soit considéré comme suspect en raison de sa nationalité.
« Ne laissons pas la peur défaire ce que l’histoire a construit, ni des discours de haine transformer notre Téranga en méfiance », avertit-il. Avant de conclure par un message adressé aux deux peuples :
« Aux Guinéens du Sénégal et aux Sénégalais de Guinée : vous êtes chez vous. Aux Sénégalais : souvenons-nous de ce que nous sommes. Des enfants d’un même fleuve. »
