La motocyclette n’a pas subi de dommages importants lors de l’accident qui a coûté la vie à Sakina Balgobin. Le drame s’est produit sur l’autoroute à Sorèze.
Cinq ans après avoir perdu son fils, Kurshida Balgobin fait face à un nouveau deuil. Le 17 octobre, sa fille, Sakina Bibi Balgobin, âgée de 30 ans, est décédée dans un accident de motocyclette, alors qu’elle circulait avec son époux, 42 ans, sur l’autoroute à Sorèze.
Domiciliée à Henrietta, Kurshida Balgobin avait déjà vécu un drame, le 16 septembre 2021. Son fils, Assif Khan Balgobin, qui souffrait de schizophrénie, avait été retrouvé mort noyé à Sept Cascades, le jour de ses 30 ans. Elle avait elle-même découvert le corps de son fils lors des recherches.
À l’époque, sa fille Sakina, elle aussi atteinte de schizophrénie, lui avait apporté un soutien précieux. Aujourd’hui, Kurshida Balgobin se retrouve privée de ses deux enfants. Elle tente de surmonter cette épreuve en se consacrant à sa petite-fille, âgée de trois ans et demi. « Elle est tout ce qui me reste de ma fille », confie-t-elle en pleurs.
Avant son décès, Sakina Balgobin et sa fille, née d’une précédente union, vivaient chez Kurshida, à Henrietta. Il y a quelque temps, Sakina avait fait la connaissance d’un homme résidant à Glen Park, Vacoas. Une relation que ses proches voyaient d’un mauvais œil. « Elle s’est laissé berner », raconte sa mère.
Le couple a contracté le nikah et Sakina s’est installée chez son époux. Des tensions seraient toutefois apparues avec la famille de la jeune femme. « Quand ma fille venait me voir, il la déposait à l’arrêt d’autobus et elle poursuivait le reste du trajet à pied », explique Kurshida Balgobin, qui s’occupait principalement de sa petite-fille.
Le 17 octobre, Kurshida Balgobin a reçu un appel qui allait de nouveau bouleverser sa vie : sa fille venait d’être victime d’un grave accident sur l’autoroute à Sorèze. Selon les informations recueillies, le deux-roues aurait dérapé avant de heurter une barrière de sécurité. La jeune femme est morte sur le coup, tandis que son époux, âgé de 42 ans, s’en serait sorti avec des égratignures.
La famille souhaite que toute la lumière soit faite sur les circonstances de l’accident, d’autant plus que l’époux de Sakina ne détenait pas de permis de conduire. « Comment s’en est-il sorti indemne, alors que ma fille y a laissé la vie ? » s’interroge la mère.
Pour sa part, l’époux, interpellé par la police de Pailles, aurait déclaré aux enquêteurs qu’il circulait sur la voie rapide, lorsque la motocyclette aurait soudainement dérapé. Après une nuit en cellule policière, il a comparu lundi devant la cour de district de Port-Louis sous une accusation provisoire d’homicide involontaire. Il a ensuite obtenu la liberté sous caution.
Malgré ces deux deuils, Kurshida Balgobin tente de trouver la force d’avancer auprès de sa petite-fille, dont elle a la garde officielle. La grand-mère a dû expliquer à l’enfant que sa mère était décédée. « Li dir mwa so mama inn al kot Bondie, dir li vini », raconte-t-elle. Depuis les funérailles, la fillette a repris le chemin de l’école. Kurshida Balgobin veille à maintenir son quotidien, malgré la douleur.
