Lawwa Lavenir exprime sa ferme opposition à l’intention du Conseil des ministres d’abaisser de 14 à 12 ans l’âge de la responsabilité pénale à Maurice. Dans un communiqué publié ce vendredi 16 octobre, le mouvement estime qu’une telle mesure ne permettra pas de renforcer la sécurité dans le pays.
Tout en condamnant les violences survenues ces derniers jours, Lawwa Lavenir considère que la réponse à ces événements ne doit pas se limiter à un durcissement des sanctions à l’encontre des mineurs.
« Les violences de ces derniers jours sont inacceptables et doivent être condamnées sans ambiguïté. Nous comprenons l’angoisse des familles et la colère des citoyens. Mais la colère ne tient pas lieu de politique publique », souligne le mouvement.
Lawwa Lavenir estime que, face à l’implication d’un enfant de 12 ans dans des actes de violence, il convient également de s’interroger sur les circonstances qui ont conduit à cette situation.
Selon le mouvement, criminaliser un enfant à cet âge risque de compromettre sa réinsertion et son avenir. Il considère également que cette proposition constituerait un recul par rapport au Children's Act 2020 et à la recommandation de l’Organisation des Nations unies (ONU) préconisant un âge minimum de 14 ans.
Un appel à privilégier la prévention
Lawwa Lavenir demande au gouvernement de renoncer à cette proposition et de mettre en place, en urgence, une stratégie nationale de prévention de la violence chez les jeunes.
Le mouvement préconise notamment la mobilisation des familles, des établissements scolaires, des travailleurs sociaux, des psychologues et des associations. Il réclame également un repérage précoce des enfants vulnérables, des interventions rapides ainsi que des enquêtes sur l’exploitation éventuelle de mineurs par des adultes.
« La véritable autorité d'un État ne se mesure pas à sa capacité de punir des enfants toujours plus jeunes, mais à sa capacité d'empêcher qu'ils ne basculent dans la violence », affirme Lawwa Lavenir.
Le mouvement conclut en soulignant que la sécurité des citoyens et la protection des enfants ne doivent pas être opposées. « À 12 ans, un enfant doit avoir un avenir à construire, et non un passé judiciaire à porter. »
