Le DPP Rashid Ahmine, Senior Counsel.
Le DPP affiche sa fermeté face aux violations du couvre-feu. Douze personnes seront poursuivies devant la cour intermédiaire, tandis que les autorités entendent accélérer les procédures visant les auteurs des récents troubles à l’ordre public.
Douze personnes soupçonnées d’avoir enfreint le couvre-feu seront poursuivies devant la cour intermédiaire. C’est ce qu’annonce le bureau du Directeur des poursuites publiques (DPP) dans un communiqué émis le jeudi 15 octobre. Elles risquent une peine maximale de cinq ans de prison.
Cette décision intervient après l’examen de douze dossiers transmis par la police au bureau du DPP ce jeudi 15 octobre 2026. « Notre bureau a décidé d’engager des poursuites contre ces 12 personnes devant la cour intermédiaire pour violation du couvre-feu », précise le communiqué. Les poursuites ont été engagées conformément aux articles 13C (3) (a) et 24 (4) du Police Act.
Le DPP Rashid Ahmine souligne que plusieurs personnes ont été interpellées pour avoir enfreint le couvre-feu imposé au cours des deux dernières nuits. Face à la gravité de ces infractions et à leurs conséquences sur la sécurité et l’ordre publics, il avait spécialement demandé au commissaire de police de transmettre rapidement les dossiers concernés à son bureau afin d’envisager des poursuites, sous réserve que les preuves soient suffisantes.
L’accent est aussi mis sur la nécessité d’accélérer les procédures judiciaires. « Notre bureau demandera que le procès soit traité rapidement, tout en respectant les droits des accusés conformément à la loi », indique le communiqué. Le DPP affirme enfin qu’il poursuivra sa collaboration avec la police afin d’engager des poursuites contre les personnes impliquées dans les émeutes et celles ayant enfreint le couvre-feu.
Cette démarche fait suite à une décision du Conseil des ministres spécial du 14 octobre 2026. Cette décision annonçait la mise en place d’un mécanisme visant à accélérer l’instruction et la tenue des procès contre les auteurs des récents troubles à l’ordre public et des violations des mesures de couvre-feu imposées par les autorités.
Douze personnes poursuivies pour «Breach of Curfew Order»
Le DPP Rashid Ahmine n’a pas tardé à réagir à la suite des incidents survenus dans le pays. Douze personnes sont ainsi poursuivies formellement devant la cour intermédiaire. Chacune fait face à une accusation de « Breach of Curfew Order ». Le couvre-feu avait été fixé de 20 h 30 à 6 h 30 le 13 octobre, puis de 20 heures à 5 heures le 14 octobre 2026.
Ce procès formel a été instruit, jeudi 15 octobre, par le DPP. Les douze personnes sont poursuivies en vertu des règlements 3 et 5 du Curfew Order 2026 (GN 170/2026), sous l’article 13C du Police Act. Elles sont âgées de 19 à 59 ans. Vingt et un témoins sont assignés dans ce procès, qui sera appelé le 16 octobre.
La première accusation concerne un maçon de 37 ans. L’infraction aurait été commise le 13 octobre 2026, à 23 h 50, à Bambous. Les deuxième, troisième et quatrième accusations portent sur des faits qui auraient eu lieu le 14 octobre 2026, entre 1 heure et 1 h 30 du matin, à Bambous. Les personnes concernées sont un sans-emploi de 21 ans, un employé d’hôtel de 22 ans et un travailleur indépendant de 36 ans.
La cinquième accusation concerne un vendeur de 30 ans. L’infraction aurait été commise à La Gaulette, le 13 octobre 2026, vers 21 h 05. La sixième accusation porte sur une infraction qui aurait été commise à Stanley, le 14 octobre 2026, par un éleveur de 19 ans. Les septième, huitième, neuvième et dixième accusations concernent des faits qui auraient été commis à Quatre-Bornes, le 14 octobre 2026, entre 00 h 30 et 1 h 27. Les personnes concernées sont deux maçons, âgés de 59 et 23 ans, un chauffeur de 35 ans et un collecteur de déchets de 19 ans.
Enfin, deux « helpers », âgés de 24 et 23 ans, sont poursuivis pour des infractions qui auraient été commises le 14 octobre 2026, vers 00 h 23, à Plaine-Verte.
Treize individus, dont quatre femmes, provisoirement inculpés
Treize personnes, dont quatre femmes, ont été provisoirement inculpées, ce jeudi, le 15 octobre 2026, pour « Breach of Curfew Order » devant le tribunal de Port-Louis. Elles ont été maintenues en détention.
Cinq personnes sont concernées par une infraction qui aurait été commise le 14 octobre 2026 à Pailles. Elles circulaient à bord d’un van dans les environs. Il s’agit d’un soudeur de 31 ans, d’un serveur de 28 ans, d’un électricien de 30 ans et de deux maçons âgés de 30 et 31 ans. Cependant, l’électricien fait également l’objet d’une accusation provisoire de « Possession of Offensive Weapon ».
La police s’est opposée à leur remise en liberté, invoquant des risques liés à leur propre sécurité, à une éventuelle manipulation des preuves et à la récidive. Les cinq hommes ont été conduits en cellule policière jusqu’au 22 octobre 2026.
Par ailleurs, sept autres personnes, dont quatre femmes âgées de 18 à 24 ans, sont concernées par une infraction qui aurait été commise à Plaine-Verte le 14 octobre 2026. Une autre personne, un homme de 19 ans, est poursuivie pour une infraction qui aurait été commise à Sainte-Croix.
Ces huit personnes ont été reconduites en cellule policière. Elles devront comparaître le 2 novembre 2026 devant la Bail & Remand Court. Cette décision fait suite à l’objection de la police à leur remise en liberté sous caution, motivée par des risques de récidive et de fuite.
